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82% de part de Sosucam passent sous contrôle camerounais

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Somdia avait annoncé ces derniers mois son intention de se désengager de Sosucam. La reprise sera assurée par un consortium réunissant plusieurs financiers, entrepreneurs et professionnels camerounais, parmi lesquels Joseph Pagop Noupoué, avocat d’affaires, Henriette Noutchougouin, dirigeante du groupe Noutchoguin Jean Samuel (NJS), leader du secteur avicole en Afrique Centrale, et William Nkontchou, banquier et financier, cofondateur d’AFIIP. Le groupe comprend également Igor Djoukwé, spécialiste de l’import-export et de l’ingénierie industrielle, ainsi que Marcel Tchagongom, expert-comptable et ancien associé principal chez EY Cameroun.

137,7 milliards de FCFA pour moderniser Sosucam

Le changement d’actionnariat doit s’accompagner d’un plan d’investissement de 210 millions d’euros, soit environ 137,7 milliards de FCFA, sur plusieurs années.  Une partie importante de ces fonds doit servir à moderniser les installations industrielles, développer l’outil de transformation et étendre l’irrigation sur les plantations. L’objectif est notamment d’améliorer les rendements, de mieux protéger les récoltes contre les aléas climatiques et de renforcer les performances opérationnelles de l’entreprise.

Le programme doit également contribuer à préserver l’emploi local et à mieux valoriser les sous-produits de la canne à sucre, notamment la bagasse et la mélasse. « Sosucam est une entreprise stratégique pour le Cameroun », a déclaré Joseph Pagop Noupoué, cité dans le communiqué, en présentant l’ambition de construire un « projet industriel camerounais durable » capable de renforcer la production locale et de soutenir l’emploi.

Pendant la période de transition, l’État du Cameroun, Somdia, le consortium et les équipes de Sosucam doivent travailler ensemble afin d’assurer la continuité des opérations.

Un acteur historique du sucre camerounais

Créée en 1965, Sosucam est le principal producteur de sucre du Cameroun et un acteur majeur de la filière en Afrique centrale. L’entreprise est implantée dans le département de la Haute-Sanaga, où elle exploite notamment ses complexes de Mbandjock et Nkoteng. Elle maîtrise l’ensemble de la chaîne de production, de la plantation et de la récolte de la canne à sucre jusqu’à la transformation, au conditionnement et à la commercialisation.

Sosucam dispose de près de 25.000 hectares de plantations répartis entre Mbandjock, Nkoteng et Lembe-Yezoum. Ses produits sont commercialisés notamment sous la marque « Princesse Tatie », avec différentes formes de sucre. L’entreprise couvre actuellement environ un tiers de la consommation nationale de sucre et constitue un important employeur dans sa zone d’implantation.

Elle continue par ailleurs d’investir dans son outil industriel. Une nouvelle unité de production de sucre en morceaux a récemment été mise en service à Nkoteng, grâce à un investissement sur fonds propres de 2,5 milliards de FCFA. Présentée aux autorités en avril 2026, cette installation dispose d’une capacité de production de 100 tonnes par jour.

Un changement de mains dans un contexte difficile

Le passage sous contrôle camerounais intervient après plusieurs années compliquées pour Sosucam, marquées par une dégradation de ses conditions financières et opérationnelles. L’entreprise a notamment subi la hausse des coûts des intrants et de la logistique, les effets des conditions climatiques sur les récoltes de canne, la vétusté de certaines installations ainsi que la concurrence des importations.

Des mouvements sociaux récurrents, notamment des grèves de salariés et de coupeurs de canne, ont également perturbé la production et pesé sur la trésorerie de l’entreprise. La reprise par des investisseurs locaux intervient donc à un moment stratégique pour relancer l’outil industriel et renforcer la production nationale.

Un enjeu pour l’autosuffisance sucrière

Le Cameroun fait face à une demande de sucre en progression, alors que la production locale ne suffit pas à couvrir l’ensemble des besoins du marché. La demande camerounaise de sucre est estimée à environ 300.000 tonnes par an, contre une production nationale généralement comprise entre 120.000 et 160.000 tonnes. Le déficit est donc couvert par des importations autorisées par les pouvoirs publics. En 2025, le Cameroun a ainsi importé 208.443 tonnes de sucre raffiné, pour une facture de 69,3 milliards de FCFA.

Dans ce contexte, Le développement de Sosucam constitue ainsi un enjeu pour réduire la dépendance aux importations et renforcer la souveraineté alimentaire du pays. Au-delà du sucre, les nouveaux propriétaires souhaitent également développer la valorisation des sous-produits de la canne, notamment pour des usages énergétiques.

Placide Onguéné

Rédaction
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