Vers la liquidation définitive de Air Cemac

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(BFI) – Les travaux de la 14ème conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEMAC, ont pris fin dimanche, dans la capitale tchadienne, N’Djaména, avec un communiqué final résumant plusieurs décisions dont la plus marquante est la liquidation de la compagnie « Air CEMAC » que partageait les Etats membres.

Réunis à N’Djamena au Tchad, lors des travaux de la 14e conférence de la CEMAC clôturée ce dimanche, les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone se sont penchés sur la liquidation de la compagnie communautaire Air CEMAC et sur l’affectation du bonus de cette liquidation. Une continuité dans ce dossier où le sort de la compagnie a été scellée en septembre 2018, lorsque les ministres des Transports des pays membres ont décidé la liquidation définitive de la compagnie panafricaine et de la répartition des revenus. Des recettes estimées à 7,569 milliards de Fcfa, à transférer à la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale.

Au cours de la conférence, les chefs d’Etat ont adopté deux actes additionnels qui abrogent l’un la création de ladite compagnie et l’autre la fixation de son siège. Ils ont également décidé de rétrocéder les apports des Etats membres au Fonds de développement de la communauté (FODEC).

Réformes

« S’agissant de la finalisation des Réformes Institutionnelles de la CEMAC », la Conférence a décidé de l’élection des Députés au Parlement Communautaire de la CEMAC au suffrage universel indirect et de l’autonomisation des Ecoles communautaires. Elle a invité, en conséquence, la Commission à lui présenter, à sa prochaine session, les modalités d’organisation de cette élection, note le communiqué.

Sur l’état de la mise en œuvre de la libre circulation des personnes en zone CEMAC, les Chefs d’Etat ont adopté la Politique Commune d’Émigration, d’Immigration et de Protection des Frontières de la CEMAC. A cet égard, mentionne le document, la conférence a instruit le Président de la Commission de la CEMAC, d’une part, d’accélérer l’application de l’Acte Additionnel portant suppression de visa pour tous les ressortissants de la CEMAC circulant dans l’espace communautaire, et, d’autre part, de mener des actions vigoureuses pour la mise en œuvre de ladite Politique Commune.

Les ministres des Finances ont été appelés à une stricte application du mécanisme autonome de financement de la Communauté et de procéder, au plus tard le 31 décembre 2019, l’apurement de l’intégralité des arriérés dus au 31 décembre 2018 par les Etats.  

Une amélioration de la gouvernance au niveau de l’ensemble des Institutions communautaires a été aussi recommandée et une exhortation a été faite pour que soit approfondi la réflexion sur les sources alternatives de financement de la Communauté.

La quinzième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la CEMAC se tiendra à Yaoundé au Cameroun, sous Paul BIYA, désigné président en exercice de la CEMAC

Deux causes de l’échec d’Air CEMAC

La compagnie a été créée en 2001 sous l’injonction des chefs d’Etat de la zone, avec l’objectif de desservir les capitales des six pays, mais également de développer des services pour une vingtaine d’autres villes du Continent et d’explorer les lignes internationales. Une ambition forte, jamais concrétisée. Un échec qui, selon les spécialistes, s’explique en partie par l’absence d’investissements pour la compagnie.

Plusieurs partenaires ont été annoncés au fil des années avant de se désister; dont Brussels Airlines et South African Airways ou encore Royal Air Maroc et Air France-KLM. A cette difficulté s’est rajoutée l’incapacité des pays membres à s’impliquer, préférant accorder la priorité à leur compagnie nationale, à l’image du Gabon et du Cameroun.

La compagnie, qui avait son siège à Brazzaville, appartenait à parts égales aux six États membres de la CEMAC (Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad), mais aussi à des partenaires comme la Banque de développement des États d’Afrique centrale (BDEAC) et à quelques investisseurs privés. Du fait de ses difficultés, le capital initial de la société estimé à 10 milliards de Fcfa s’est évaporé, avant même que la compagnie ne commence son fonctionnement en 2013.

Par Omer Kamga

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