Une technopole industrielle pour remplacer la Cellucam

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CELLUCAM
(BFI) – Après le mémorandum d’entente signé avec l’Etat du Cameroun ce 12 mai 2020, la Société camerounaise d’industrialisation et d’exploitation de bois(Scieb) envisage lancer dès cette année la construction d’un complexe industriel sur le site de la défunte Cellucam (Cellulose du Cameroun).

Après plus de 30 ans d’inactivité, le site de 37 hectares qui abritait les installations de la Cellucam sombre dans l’abandon, la vétusté, vols de matériels, mais surtout dans l’attente une hypothétique renaissance. Après de longues tractations sanctionnées par la signature d’un mémorandum d’entente avec l’Etat du Cameroun le 12 mai 2020 dernier, la Société camerounaise d’industrialisation et d’exploitation de bois (Scieb) s’implante progressivement dans la ville-lumière, Edéa. 

Les repreneurs de l’ex-fleuron de la filière forêt-bois du Cameroun sont descendus sur le site de la Cellucam. Avec pour objectif de toucher du doigt les réalités de l’investissement attendu après trois décennies d’hibernation. Entre tas de ferrailles, restes de bois transformés et hautes herbes, Mohamadou Hamida, le Directeur général de la Scieb a en effet pris le poul de l’aire abandonnée, ainsi que celui du challenge à relever : «cette descente est un premier contact avec le site. Nous voulons aller vite. C’est la raison de notre visite sur le site qui va accueillir le complexe», a indiqué Mohamadou Hamida. La visite n’aura duré que le temps pour l’équipe de la Scieb de constater l’ampleur du chantier. 

Expertise chinoise

D’après le mémorandum d’entente signé avec le Cameroun représenté par le Ministre de l’industrie, des mines et du développement technologique, la technologie forêt-bois proposée par la Scieb vise à implanter entre 2020 et 2027 à Edéa, une chaîne industrielle d’exploitation et de multi transformation du bois. La réalisation du projet s’établit sur trois principales phases. La Scieb prévoit dans l’intervalle 2020-2022, la construction d’un complexe industriel  de haut niveau de production de 1ère, 2ème, 3ème et 4ème transformation du bois, un centre de formation aux métiers du bois, une zone de recherche et de développement, et des structures commerciales et d’accompagnement des entreprises, petites et moyennes entreprises nationales de ce secteur. La Scieb envisage ensuite réaliser entre 2022-2024, une unité de production de bioénergie à base de rebuts de production de l’usine. Au final, verra le jour sur le site de la Cellucam entre 2024 et 2027, une usine de production de pâte à papier grâce à un partenariat entre la Scieb et des ingénieurs chinois. Coût global du projet, 80 milliards de Fcfa à terme, 2000 emplois directs et 6000 autres, indirects attendus. 

Cet investissement majeur entre dans le schéma du plan directeur d’industrialisation (Pdi) du Cameroun dans lequel la filière forêt-bois occupe un axe important. Elle représente plus de 3% du Produit intérieur brut camerounais et 10% des recettes d’exportation du pays. Les volumes d’exportation du bois (grumes) camerounais se sont fixés entre octobre 2018 et septembre 2019 à 800.000 m3. Alors que le pays dispose de 160 unités de transformation de bois opérationnelles. L’entrée en scène de la technopole Scieb viendra sans doute accroître l’offre de transformation industrielle dans la filière. Important à relever, les vestiges de la Cellucam resteront intacts. D’après Mohamadou Hamida, le complexe industriel Scieb sera érigé près de l’ancienne infrastructure Cellucam.

EcoMatin

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