Une nouvelle réglementation sanitaire fait obstacle aux activités d’exportations de cacao et café du Cameroun

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CACAO

(BFI) – Le Groupement des exportateurs cacao et café (GEX), à travers son secrétaire permanent, Jean Dikoume, a saisi, le 23 avril dernier, le ministre en charge de l’Agriculture (Minader) au sujet du « blocage des exportations de cacao et café suite à l’entrée en vigueur de l’arrêté conjoint n° 00022/Minader/Minfi du 4 avril 2019 fixant les frais des opérations d’inspection et de certification sanitaires ainsi que les modalités de gestion des revenus issus desdites opérations ».

« Les impacts de cette nouvelle procédure sont actuellement très préjudiciables aux filières cacao et café de notre pays [le Cameroun]. Depuis quelque temps, nous recevons des récriminations de nos membres qui portent à la fois sur les retards importants accusés dans le traitement des dossiers du niveau du poste de police phytosanitaire du port de Douala et sur les grandes difficultés à faire face à la très forte augmentation des frais d’inspection et de certification phytosanitaire. Cette situation se traduit aujourd’hui par un arrêt des exportations de cacao et de café au port de Douala », écrit le GEX.

Selon le GEX, les délais de traitements administratifs qui représentaient déjà en moyenne 70% du temps nécessaire à l’accomplissement des formalités phytosanitaires, contre 30% en moyenne pour le traitement proprement dit, se sont considérablement rallongés. Une situation due au fait que les opérations de collecte sous quittance trésor sont désormais exécutées avant l’effectivité des opérations et la vérification des quittances d’étapes dans les dossiers est faite avant la signature des documents exigibles.

S’agissant de cette augmentation des frais d’inspection, le GEX explique qu’une analyse des coûts supportés pour l’exportation d’un conteneur de 20 pieds de 25 tonnes de cacao, avant et depuis l’entrée en vigueur, le 1er avril 2020 de l’arrêté cité plus haut, fait ressortir d’une part une introduction de nouvelles opérations à la charge des usagers, à l’instar de l’inspection des conteneurs vides et de la fumigation des conteneurs vides et d’autre part, une augmentation globale des coûts d’inspection et de certification phytosanitaire de l’ordre de 87 à 175% en valeur relative. Soit une hausse globale de 100 500 FCFA pour ce type de conteneur.

Par ailleurs, indique le GEX, cette situation d’engorgement n’est pas sans conséquence sur la qualité des produits ainsi bloqués, l’impérieuse nécessité pour les exportateurs de respecter leurs engagements contractuels internationaux, la gestion onéreuse des risques de contrepartie et le rapatriement des devises.

« Eu égard à la gravité de la situation exposée, nous sollicitons votre implication dans ce dossier afin d’y apporter en urgence une réponse appropriée. Nous vous saurions particulièrement gré des instructions qu’il plairait de donner en vue (…) de suspendre l’application pour les filières cacao et café, de la procédure de collecte des recettes relatives à l’inspection et à la certification phytosanitaire ».

Le Minader n’a pas encore officiellement répondu à cette doléance du GEX. Mais des sources crédibles indiquent qu’il a réceptionné la correspondance des exportateurs, le 24 avril dernier.

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