(BFI) – Alors que le Cameroun tente de boucler le closing financier de la seconde phase de l’autoroute Yaoundé-Douala, évalué à 1 072 milliards de Fcfa, le projet reste grevé des engagements financiers non entièrement apurés sur la première phase. Selon une annexe de la loi de finances 2026 consacré à l’évolution des grands projets d’investissement, l’Etat doit encore régler un reliquat global de 22,5 milliards de Fcfa lié à des travaux exécutés « hors du cadre contractuel initial ».
D’après ce document, la première phase de l’autoroute longue de 60 km et ouverte à la circulation en 2021, avait initialement vocation à être exploité et entretenu dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Pour ce faire, une opération de contractualisation avait été engagé avec l’entreprise China First Highway Engineering Company (CFHEC) pour une durée de 30 ans. En amont de la signature du contrat, « l’entreprise a préfinancé et réalisé des travaux complémentaires jugés nécessaire à la fonctionnalité de l’infrastructure », souligne l’annexe.
La suspension à la procédure de PPP survenue ultérieurement, a toutefois laissé les investissements de CFHEC, « sans fondement juridique formel ». Toujours selon la loi de finances 2026, un protocole spécifique a donc été élaboré afin d’organiser le remboursement de ces travaux préfinancés pour un montant arrêté à 10,5 milliards de Fcfa. Ces ressources n’ayant pas été mobilisées au cours de l’exercice 2025, elle constitue un besoin budgétaire reporté, destiné à être pris en charge dans le budget 2026 du ministère des Travaux Publics, sur la base d’un mécanisme de règlement défini par l’administration. A cette dette, s’ajoute un second volet financier hérité de la phase d’exécution du projet. Le Ministère des travaux Publics relève que des travaux supplémentaires ont été engagés pour achever la section courante de l’autoroute, pour un coût de 60 milliards de Fcfa ainsi que des travaux de raccordement indispensables à la fonctionnalité globale de l’ouvrage, évalué à 45 milliards de Fcfa. Ces prestations n’étaient ni prévues dans le marché initial, ni couverte par le financement contracté auprès de l’Eximbank of China.
Face à cette situation, un protocole d’accord a été signé le 19 avril 2022 entre le ministère des Travaux Publics, le ministère de l’Economie et la CFHEC. Ce document prévoyait la prise en charge de ces travaux par l’entreprise chinoise avec un remboursement progressif par l’Etat à travers un mécanisme des décomptes différés. A la date de référence retenue dans l’annexe du document, la CFHEC avait adressé à l’Etat des décomptes d’un montant total de 90 milliards de Fcfa. Sur cette somme, 78 milliards de Fcfa ont effectivement été réglés laissant un solde restant dû d’environ 12 milliards de Fcfa, intégré dans la planification budgétaire 2026 du ministère des Travaux publics.
Au total, l’Etat du Cameroun reste donc exposé à un reliquat financier d’environ 22,5 milliards de Fcfa sur la première phase de l’autoroute Yaoundé-Douala, si l’on additionne les 10,5 milliards de Fcfa liés aux travaux préfinancés dans le cadre du PPP avorté et les 12 milliards de Fcfa correspondants aux décomptes différés non encore soldés. Cette situation intervient alors que le gouvernement prépare activement la seconde phase du projet. Le 14 avril 2025, lors d’une revue des projets routiers en cours sur l’ensemble du territoire, le ministre des Travaux Publics a présenté un document intitulé « Construction de l’autoroute Yaoundé-Douala » exposant les données actualisées de cette nouvelle étape.
Selon ce document officiel, le coût prévisionnel de la phase 2 est estimé à 1 072 milliards de Fcfa toutes taxes comprises, soit environ 899,3 milliards de Fcfa hors taxe. L’infrastructure concerné doit couvrir 141 km d’axe principal et près de 40 km de bretelles d’interconnexion.




