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Tractafric Motors Cameroun traverse une zone de turbulence marquée par la concurrence chinoise

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L’information figure dans le procès-verbal de l’assemblée générale mixte tenu le 30 juillet 2025. Les actionnaires y ont décidé de ne pas dissoudre la société, malgré l’alerte financière, et de poursuivre les activités tout en s’engageant à reconstituer les capitaux propres dans les délais prévus par le droit des affaires de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA). Le dépôt légal a été effectué le 26 décembre 2025 au greffe du Tribunal de Première Instance de Douala.

Concrètement les actionnaires ont constaté que, du fait des pertes accumulées, les capitaux propres sont devenus inférieurs à la moitié du capital social, fixé à 1,52 milliard de Fcfa. Cette situation strictement encadrée par l’Acte Uniforme Ohada relatif au droit des sociétés commerciales, impose au dirigeant de tenir une assemblée générale afin de décider soit de la dissolution anticipée soit de la poursuite des activités avec l’obligation de reconstituer les fonds propres dans un délai légal, généralement de deux ans. Cela signifie que l’entreprise reste en activité, mais sous surveillance juridique, avec l’obligation de restaurer sa solidité financière par des bénéfices futurs, des apports en capital ou des restructurations.

Aucune donnée chiffrée n’a été rendue publique sur l’ampleur exact des pertes ayant conduit à cette situation. Mais le contraste est saisissant avec les annonces commerciales faites récemment. En 2024, lors de la préparation de sa nouvelle offre autour de la marque chinoise Cherry, Tractafric Motors Cameroun a indiqué avoir vendu 2 258 véhicules industriels et 4 494 véhicules particuliers pour un chiffre global estimé à 201,3 milliards de Fcfa.

Forte concurrence

Cette performance commerciale, bien que significative, ne semble pas avoir suffi à absorber la pression financière. Le marché camerounais de l’automobile est de venu plus que concurrentiel notamment sous l’effet de l’arrivée massive des véhicules asiatiques. Des concessionnaires locaux comme Sky Motors, mise sur des marques chinoises assemblées ou commercialisés à des prix plus accessibles, ce qui fragilise les acteurs historiques positionnés sur des segments plus Premium ou institutionnels.

Cette concurrence marque une rupture avec la position quasi hégémonique qu’occupait Tratafric il y a une décennie. Selon le Quotidien de l’Economie, citant les données internes de l’entreprise en 2013, le concessionnaire fournissait alors 8 camions sur 10 en circulation au Cameroun, soit environ 80% de parts de marché sur les poids lourds et occupait la deuxième place sur le segment des véhicules particuliers. A la même période, son directeur général de l’époque, Guy Stabile, affirmait qu’un véhicule sur trois vendu dans le pays provenait de Tratafric Motors, ce qui correspondait à près de 33% du marché national.

Depuis, le paysage a profondément évolué. L’entreprise reste un acteur central, avec un réseau commercial à Douala et à Yaoundé, mais elle doit désormais composer avec une guerre des prix, une diversification rapide des marques chinoises et une pression accrue sur les marges. L’intégration récente de Cherry dans son portefeuille, ainsi que le partenariat noué 9 mois plutôt avec le constructeur chinois FAW Trucks, témoigne d’une stratégie de repositionnement vers des marques asiatiques à fortes diffusion.

Rédaction
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