Relance effective des travaux de construction du Barrage de Bini à Warak

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(BFI) – Les employés de la société chinoise Sinohydro sont de nouveau actifs sur le chantier de construction du barrage de Bini à Warak, dans la région camerounaise de l’Adamaoua, apprend-on de sources proches du dossier. Après neuf mois d’arrêt, ponctués notamment par le rapatriement de plusieurs ouvriers chinois et la mise en congé technique de manœuvres locaux, l’entreprise en charge de travaux s’activent sur le site de la carrière pour exploiter les roches devant servir à bétonner l’ouvrage.

Il aura fallu attendre neuf mois pour que les travaux de construction du barrage de Bini à Warak, (75MW), situé dans le département de la Vina, région de l’Adamaoua redémarrent. Du camion-benne au bulldozer, des engins sur roues, tout est mis à contribution. Alors que certains ouvriers travaillent à la carrière, d’autres sont à l’œuvre au département technique et au service d’entretien du site.

Cette reprise est consécutive à la série de négociations entamée à la mi-février 2019, entre Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Energie, son homologue, Grégoire Owona, du Travail et de la Sécurité sociale, les populations et les employés.  Les deux membres du gouvernement ont tour à tour entendu les chefs traditionnels, les responsables de la société Synohydro, maître d’œuvre du chantier, ainsi que les représentants des employés.  A l’issue des échanges, les deux membres du gouvernement ont promis de résoudre le problème dans les meilleurs délais. L’Etat a pu lever les contraintes financières auxquelles il faisait face dans le cadre du lancement de ce projet, apprend-on de sources proches du dossier. Un avenant a été signé au début du mois de septembre entre le gouvernement et l’entreprise Synohydro.

A l’origine de l’arrêt des travaux entamés en 2017, il y avait d’abord les difficultés financières. Car, jusque-là, l’État camerounais peinait à payer le reliquat de 4 milliards de FCFA de frais d’assurances (13 milliards de FCFA au total), qui a conditionné le déblocage du financement d’Eximbank China relatif à ce projet. Ensuite, il y avait des arbitrages qui trainaient au sein du gouvernement, notamment sur l’imputation des différents impôts relatifs au contrat passé avec Sinohydro, cette entreprise ayant été exonérée de toutes les taxes. Enfin, il y a l’épineux problème des indemnisations des riverains.

Ce contretemps a conduit d’ailleurs au licenciement et à la mise en chômage technique de plusieurs employés. Sur les 260 personnels de départ, il ne restait que 80 à travailler sur le site. De même, plusieurs ingénieurs chinois ont préféré plier bagage, en attendant que les travaux reprennent. Ce barrage, une fois à terme en 2021 d’après les prévisions devrait résorber le déficit énergétique du Septentrion dû au faible rendement du barrage de Lagdo (78MW).

Pour rappel, le barrage de Bini à Warak, d’une capacité de production de 75 MW, est très attendu par les populations de la partie septentrionale du Cameroun. Cette infrastructure permettra de pallier le vieillissement et l’ensablement du réservoir du barrage de Lagdo (78 MW), qui est jusqu’ici l’unique ouvrage d’envergure permettant d’approvisionner en électricité les trois régions septentrionales du Cameroun.

Bouba Yankréo

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