RDC: la BCC tire la sonnette d’alarme contre la collecte illégale de l’épargne via « crypto-monnaies »

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La Banque Centrale du Congo (BCC) dénonce le fait que des structures non reconnues par elle,  puissent sans titre ni qualité se livrer à la collecte illégale de l’épargne auprès du public en proposant des « crypto-monnaies ». A ce sujet précisément, l’institut d’émission,
attire l’attention de la population en l’invitant  à la vigilance et à la prudence aux fins de ne pas exposer leurs avoirs aux pièges des escroqueries. Ci-dessous le communiqué de l’autorité monétaire.

COMMUNIQUE DE PRESSE

La Banque Centrale du Congo informe le public que certaines structures, non agréées par elle, se livrent directement ou par le biais du marketing relationnel à la collecte illégale de l’épargne auprès du public en proposant des «crypto-monnaies».

Ces derniers instruments sont des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs l’acceptant en paiement de réaliser des transactions, notamment de conservation et d’utilisation comme instruments d’échange, de
placement et de financement, sans recourir à la monnaie légale.

Selon les informations parvenues à l’Autorité de Régulation et de Contrôle du secteur financier, des structures telles “World Cryptocurrency international”, “Standard Capital” et “Rathe Investissement Groupe” opèrent déjà en République Démocratique du Congo au travers des représentants, notamment à BUKAVU, GOMA et KINSHASA proposant à la population des crypto-monnaies contre leurs épargnes. Pour attirer leurs victimes, elles proposent des taux d’intérêt très élevés de 4 à 8% par jour et des marges bénéficiaires
exorbitantes après 20 jours de souscription.

La Banque Centrale du Congo attire l’attention de l’opinion sur le fait que bien que les crypto -monnaies, autrement qualifiées de monnaies virtuelles, aient progressivement intégré l’économie réelle à travers le monde et soient tolérées au sein de certaines juridictions, elles demeurent des actifs hautement spéculatifs non agréés et comportent des risques de fraude ou de perte énormes auxquels les épargnants congolais sont exposés.

A cet effet, il sied de relever entre autres que (i) les sociétés y relatives ne sont pas installées en R.D.C. et ne sont pas soumises aux dispositions réglementaires de notre pays, (ii) les acteurs en jeu sont non régulés et opèrent en toute liberté sur base d’un protocole informatique reposant sur une technologie cryptographique et décentralisée, appelée « blockchain», tout en gardant l’anonymat sur l’identité de donneurs d’ordre et des bénéficiaires. Comme on peut l’imaginer, ces opérations comportent des risques élevés de
cybercriminalité et de blanchiment des capitaux, (iii) les crypto-actifs requièrent un minimum d’appétence technique et financière difficilement justifiable dans l’environnement congolais
étant donné qu’ils s’adressent généralement à des investisseurs avertis et sont eux-mêmes extrêmement volatiles, leurs cours pouvant s’effondrer à tout moment.

De ce qui précède, la Banque Centrale du Congo rappelle au public les dispositions de l’article 19 de la Loi n* 003/2002 du 02 février 2002 relative à l’activité et au contrôle des Etablissements de Crédit qui stipulent notamment qu’ « aucune entreprise autre qu’un Etablissement de Crédit ou Institution de Micro Finance agréé par la Banque Centrale
du Congo ne peut recevoir du public des fonds à vue, à terme fixe ou avec préavis ». De ce fait, elle convie la population à la vigilance et à la prudence aux fins de ne pas exposer ses avoirs aux pièges des escroqueries du genre BINDO, NGUMA, DEUTCH INTERNATIONAL, etc… de triste mémoire, dont les souvenirs douloureux sont encore vivaces.

La Banque Centrale du Congo invite les autorités politico-administratives et judiciaires à dissuader le public de s’investir dans ce genre de transactions et avertit d’ores et déjà les
éventuels récalcitrants qu’ils s’engageraient à leurs propres risques et périls.

 

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