Projet de drainage pluvial : l’AFD et la CAA mettent la pression sur la Cud

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(BFI) – Le grand projet de drainage pluvial de la ville de Douala financé par l’Agence française de développement via un compte logé à la Caisse autonome d’amortissement tire à sa fin. La date limite des décaissements est fixée à juin 2020 alors que le chantier de 47,22 km, exécuté à 75%, est sujet à plusieurs controverses.

Trois projets majeurs figurent parmi les priorités de la ville de Douala: le Projet de drainage pluvial (Pdp), le Projet d’amélioration du cadre de vie des quartiers sous-équipés ou mal desservis de la ville de Douala et le Projet « Douala ville durable ». Le Pdp consiste à doter la capitale économique du Cameroun qui enregistre 4000 mm d’eau par an, de 47,22 km de drains primaires et secondaires bétonnés dans 5 arrondissements de Douala, pour un coût total de 109 milliards de FCFA financés par l’Agence française de développement. Douala n’étant pourvu aujourd’hui que de 10  km de drains identifiés sur 250  km prévus dans le Schéma directeur d’assainissement de la ville. Inscrit dans la vision générale du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (Dsce), le Projet d’amélioration du cadre de vie des quartiers sous-équipés ou mal desservis de la ville de Douala  vise à développer un cadre de vie décent aux ménages pauvres à travers des infrastructures et équipements nécessaires à la fourniture des services de base entre autres. Ce projet couvre 36 quartiers des 5 arrondissements concernés par le Pdp  sur un espace de 1.592 ha.

« Douala ville durable »

Le projet « Douala ville durable » participe également de la valorisation et de l’aménagement d’un des quartiers les plus affectés par le phénomène des inondations. De lourds investissements pour des chantiers révolutionnaires, malheureusement confrontés à quelques goulots d’étranglement dévoilés par Jacqueline Mbocksi, Chef service de l’ingénierie sociale et environnementale à la Direction des études, de la planification des investissements et du développement durable à la Communauté urbaine de Douala : « les drains et espaces à aménager sont densément occupés par les populations », déplore-t-elle. Épineux problème pris en considération dans un « Plan d’action de réinstallation » des populations recommandé par l’Afd. Ce plan prévoyait un délogement de 2500 ménages. Beaucoup trop pour l’Afd qui va négocier avec la Cud, un « Plan de réinstallation optimisé », minimisant l’impact social du projet. Finalement, ce sont 1005 ménages qui seront déguerpis du tracé de 42,77 km de drains actuellement en construction. La même préoccupation se pose pour les projets d’amélioration du cadre de vie des quartiers sous-équipés ou mal desservis de la ville de Douala et  « Douala ville durable ». D’autres problèmes ont resurgis : difficultés liées à l’accessibilité des sites, liées à l’absence des propriétaires des maisons, liées aux intempéries.  « Nous avons également fait face à des oppositions liées à la situation politique de notre pays. Certains pensaient que nous venons les déguerpir parce qu’ils appartenaient à une ethnie favorable à un parti de l’opposition », révèle Aymard Meteke.

Raisons suffisantes pour le service de l’ingénierie sociale et environnementale de la Cud, de mettre sur pied des Bpea, des Bureaux d’écoute et d’accompagnement des personnes. Bureaux dont le rôle est de servir de relai entre la Cud et les populations :  « ils ont pour principale missions l’accompagnement psycho-social  des populations affectés par ces différents projets », précise Jacqueline Mbocksi.

A cet effet, 10 Beap ont été créés dans les 5 arrondissements concernés, composés de chefs de quartiers, autorités traditionnelles, urbanistes etc…..formés pour la cause à travers plusieurs séminaires. Le plus récent s’est déroulé ce 7 décembre 2018. « Il est indispensable que les populations s’approprient les ouvrages réalisés et qu’elles participent à leur protection en vue d’assurer leur durabilité et pérenniser les infrastructures réalisées », précise de nouveau Jacqueline Mbocksi. Le projet tire à sa fin, apprend-on également. Précisément, c’est en juin 2020, que l’Afd fixe la date limite du transfert des fonds y relatif, via un compte logé à la Caisse autonome d’amortissement (Caa). Le temps presse alors que le taux global d’avancement du Pdp est aujourd’hui évalué à 75%. Un constat se dresse rendu sur le terrain: des drains en construction sont tout simplement mal dimensionnés. Parfois complètement dépassés par le flux d’eau. Les missions de contrôle accusent les entreprises adjudicataires d’avoir  « bâclé le travail ». Le renforcement des capacités des Bpea se poursuit néanmoins malgré des ouvrages contestés.

Par Christian trésor Adong Baliaba

Avec Ecomatin

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