Présidence de l’UA : Trois prétendants… un fauteuil

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Qui présidera aux destinées de l’organisation panafricaine pour le compte de l’Afrique centrale en 2021 ? Bien que l’échéance soit encore éloignée, la question est déjà dans les esprits.

Au-delà des missions statutaires, la présidence de l’Union africaine (UA) est un privilège diplomatique et une opportunité de positionner le pays qui l’assume dans les plateformes mondiales. En vertu du principe de rotation, il reviendra à l’Afrique centrale d’assurer la présidence de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine en 2021.
Les principaux paramètres pour être éligibles sont: être à jour dans ses contributions ; s’engager dans les actions et programmes de l’UA ; s’investir dans le dynamisme de sa communauté économique régionale ; faire preuve d’un leadership au niveau africain ; ne pas avoir assumé la présidence depuis la création de l’UA. Au regard de ces paramètres, 3 pays sont pour le moment pressentis en Afrique centrale. Il s’agit de l’Angola, du Cameroun et du Gabon.

Disqualifiés
Depuis la création de l’UA en 2002, 3 pays d’Afrique centrale ont présidé l’organisation: le Congo (2006), la Guinée Équatoriale (2011) et le Tchad (2016). Par ailleurs, à l’effet de traduire l’équilibre géographique du continent, le bureau, qui a la mission d’assister le président en exercice, doit être composé des pays des cinq sous-régions. Le président entrant est l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi. Il représente l’Afrique du Nord. La République démocratique du Congo assure la deuxième vice-présidence. Elle est là pour le compte de l’Afrique centrale. Pour ce poste, le Cameroun et l’Angola étaient pressentis, mais les négociations ont accouché du choix actuel. Ainsi, l’Afrique du Sud, qui occupe la première vice-présidence, représente l’Afrique australe. Le Niger, qui assure la 3e vice-présidence, a le siège réservé à l’Afrique de l’Ouest. Le poste de rapporteur revient, dans ce contexte, à l’Afrique orientale dont est issu le président sortant Paul Kagame.

Or, dans la succession, l’occupation d’un poste de vice-président ne donne pas automatiquement droit à celui de président. La présidence en exercice de l’UA est d’abord un choix régional. Dans un passé récent, bien des pays positionnés au sein du bureau n’ont pas bénéficié, en temps voulu, du soutien des pays de leurs régions respectives pour y accéder. C’est, par exemple, le cas de l’Ouganda qui avait siégé au sein du Bureau, en qualité de 1er vice-président, au cours de l’exercice 2017-2018. D’aucuns auraient attendu de voir Kampala à la tête de la Conférence de l’UA, tenue de janvier 2018 à janvier 2019. C’est plutôt le Rwanda qui a occupé ce prestigieux poste. Au cours du même exercice 2018-2019, c’est l’Algérie qui avait siégé au poste du deuxième vice-président. On aurait pensé voir Alger diriger la Conférence au cours de l’exercice débutant. C’est l’Égypte qui est à l’honneur aujourd’hui. Nous présentons les forces et les faiblesses de chacun des prétendants.

L’Angola porte la voix d’une Afrique autosuffisante

Le pays vient de réussir sa transition démocratique avec l’élection du président João Lourençao en septembre 2017. Il est l’un des 6 principaux contributeurs au budget de l’Union africaine. L’Angola contribue diplomatiquement à la résolution pacifique des principaux conflits en Afrique, principalement ceux de la région des Grands Lacs. Il est particulièrement mobilisé pour la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. Après avoir dirigé le sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), il joue désormais les premiers rôles au sein de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe). À l’UA, il est présent lors des sommets de l’institution et prend part aux négociations et délibérations. Sur la scène internationale, l’Angola porte la voix d’une Afrique autosuffisante.

Comme faiblesses, on note que le pays soutient très peu la réforme de l’UA notamment celle liée aux questions de financements. Il est également inaudible sur plusieurs projets phares intégrateurs de l’UA tels que la Zone de libre-échange continentale, l’initiative “Faire taire les armes en 2020”. En Afrique centrale et précisément dans la CEEAC, l’Angola est moins visible et moins dynamique. Le pays contribue très peu au budget de la CEEAC. Voilà pourquoi, il est très peu représenté au sein de ses organes.

Journal Intégration

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