(BFI) – Le président camerounais Paul Biya a signé le 2 octobre 2026 un décret autorisant un prêt de 228 milliards de FCFA auprès de la BIRD (Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement). Cette enveloppe historique est allouée au financement du projet de Corridor Économique Douala-Bangui, un axe logistique sous haute pression et vital pour l’Afrique centrale. Objectifs : Sécuriser l’accès international de la République centrafricaine (RCA) et consolider le rôle de plateforme régionale des ports de Douala et Kribi.
L’axe routier reliant le port de Douala à Bangui, la capitale de la République Centrafricaine (RCA), représente le poumon économique et le principal accès aux marchés internationaux pour ce pays enclavé. Cependant, sa compétitivité est plombée par de graves dysfonctionnements. Il faut compter entre 9 et 12 jours en conditions normales pour acheminer les marchandises d’un bout à l’autre. Les prix grimpent jusqu’à 270 dollars (plus de 150 000 FCFA) par tonne. La Banque mondiale recense 38 postes de contrôle sur la partie camerounaise, dont 17 impliquant des paiements informels, ralentissant considérablement le trafic.
Les objectifs du financement
Ce programme d’envergure vise à restructurer en profondeur l’infrastructure et la gestion de la route pour fluidifier les échanges de la sous-région par la reconstruction complète et réhabilitation des sections les plus dégradées. L’amélioration des voies secondaires connectées au réseau principal pour stimuler les économies locales. La réduction des délais d’attente aux frontières, baisse des coûts logistiques et renforcement de la sécurité des approvisionnements, notamment alimentaires. La valorisation des plateformes portuaires de Douala et de Kribi comme portes d’entrée incontournables de la CEMAC.
Pour la RCA, pays enclavé, l’axe Douala–Bangui constitue l’un des principaux accès aux échanges internationaux. Avec cette enveloppe de 228 milliards FCFA, le corridor Douala–Bangui s’inscrit ainsi parmi les importants projets d’infrastructures destinés à faciliter la circulation des personnes et des marchandises en Afrique centrale.
Antoine Mboussi




