Partenariats financiers : la grande offensive d’Express Union

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Immeuble Express Union
(BFI) – L’opérateur de transfert d’argent signe à tour de bras des conventions avec des banques et assouplit l’accès à ses kiosques.

C’est une véritable offensive à laquelle on assiste. L’opérateur Express Union est lancé depuis quelques temps dans une vaste reconquête du marché de transfert de transfert d’argent. Tenez par exemple : 17 septembre. Express Union a signé une convention avec Ecobank pour vous permettre d’effectuer rapidement des retraits d’espèces dans les comptes domiciliés chez Ecobank. Le lendemain, Express Union a signé une convention avec YUP (service de transfert d’argent de Société Générale Cameroun) afin d’offrir des services à valeur ajoutée. Quelques jours avant, le 9 septembre Express Union et UBA ont signé une convention pour recevoir de l’argent du Nigéria.

Last but not the least, Express Union innove encore et donne aujourd’hui la possibilité à tous ses clients Express Union Mobile Money de transférer de l’argent, de consulter leur solde, de régler leurs factures, de payer les frais de scolarité et universitaires, d’envoyer de l’argent à l’international, de payer les allocations familiales, d’accéder au service après-vente à partir de leur compte EU Mobile Money sur WhatsApp et ceci dans les pays Cameroun, Gabon , Congo, Tchad et République Centrafricaine.
Entre temps, l’entreprise mène une campagne pour permettre l’obtention gratuite un kiosque Express Union pour devenir un partenaire commercial. « Il suffit juste de faire une demande accompagnée de votre carte nationale d’identité et du plan de localisation décrivant l’emplacement de votre futur kiosque », indique celui qui était jusqu’ici le leader du transfert d’argent au Cameroun.

La vérité c’est qu’Express Union, l’établissement camerounais de Microfinance qui a bâti sa réputation en devenant le premier acteur privé dans le transfert d’argent au Cameroun, et même en Afrique Centrale, faisait de la résistance, malgré un environnement devenu très concurrentiel dans son secteur.

L’entreprise compte encore près de 636 agences à travers le pays, devançant ainsi de loin son deuxième qui est Express Exchange, et qui ne compte que 270 agences, si on s’en tient aux points de vente dans lesquels sont disponibles les services de World Remit, l’un des leaders mondiaux du transfert d’argent entre les pays.

Le marché camerounais du transfert d’argent est désormais dominé par les opérateurs de téléphonie mobile, en association avec des banques locales. Une plus grande accessibilité à son argent et le sentiment qu’il n’est pas trop loin lorsqu’il est dans le téléphone portable, ont suffi à convaincre les demandeurs de ce type de service à ouvrir des comptes de Mobile Money.

Face à une demande croissante, Express Union n’avait pas su se projeter dans le futur. Des clients se sont souvent plaints d’une qualité de service peu satisfaisante et d’une relation parfois difficile avec le personnel en charge des opérations, surtout de retrait. L’entreprise a essayé de déployer des points mobiles pour répondre à la concurrence, mais il lui semble difficile de rattraper l’avance prise par les opérateurs de téléphonie qui continuent de gagner le terrain.

Cependant qu’avec son nombre actuel des agences, Express Union est de facto devenue la microfinance la plus représentée sur le territoire Cameroun. Un potentiel qui, de l’avis de certains observateurs, en fait le candidat idéal pour la création d’une institution financière populaire.

Express Union dans le jeu des alliances

En partenariat avec l’opérateur du transfert d’argent digital britannique, depuis plusieurs mois, Express Union étend ainsi sa collaboration (jusque-là limitée au Cameroun) avec WorldRemit à six autres pays africains, pour visiblement se donner un peu plus d’air, dans la mesure où le marché camerounais du transfert d’argent lui a été littéralement chipé par les services mobile money des opérateurs de mobile.

Dans le même temps, cette extension du partenariat au réseau Express Union en Afrique centrale et de l’Ouest permet à l’opérateur camerounais, de véritablement faire concurrence aux mastodontes du transfert d’argent à l’international que sont Western Union et MoneyGram.

Une manière pour cet opérateur camerounais de se renforcer sur le transfert d’argent à l’international, encore mieux ouvert que le transfert d’argent domestique sur lequel, ce leader est à la peine depuis plus d’un an, avec la dynamisation des services mobile money de MTN et Orange Cameroun.


Offensive

La microfinance camerounaise Express Union (EU) qui a pris du retard par rapport aux opérateurs de télécoms MTN et Orange dans le Mobile Money depuis 2011, a lancé en 2017 une offensive commerciale. A cet effet, Express Union, a invité les commerçants, distributeurs de crédits (call-boxeurs), dealers, coiffeuses, boutiquiers, et opérateurs économiques, à rejoindre le réseau des franchisés/distributeurs du service « Express Union Mobile Money ». La microfinance a promis jusqu’à 40% de commissions sur frais sous forme de micro crédits pour le développement des activités des souscripteurs.

L’offre de EU paraît aguichante parce qu’elle est supérieure au pourcentage de 5% que les call-boxeurs, par exemple, perçoivent chez MTN et Orange dans les différents types de transferts. Bien plus, Express Union Mobile propose une commission proche des 50% que le Syndicat des délégués et commerciaux distributeurs des produits des télécommunications au Cameroun (Sydecdiprotec) réclament, souvent à travers des grèves, au duopole Orange-MTN.

Pour rappel, l’Agence de régulation des télécommunications au Cameroun indique que, depuis son lancement en 2011, ce secteur a enregistré jusqu’en 2014 des transactions d’un montant de 72 milliards de FCFA. Cette somme correspond à neuf millions de transactions à travers des SMS. A ce jour, plus de 6000 points de paiement du Mobile Money existent à travers le Cameroun.

La guerre avec les opérateurs mobiles

La Cour d’appel du Centre a condamné, le 20 juillet 2018, l’opérateur de la téléphonie mobile, MTN Cameroun, dans une affaire de pratique anticoncurrentielle l’opposant à l’opérateur du transfert d’argent, Express Union.

Cette juridiction entérine ainsi, après une requête de MTN, une décision rendue contre cet opérateur télécoms, le 24 janvier 2017, par le tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif, ordonnant à MTN Cameroun de rétablir dans son entièreté, au profit d’Express Union, le portail USSD *050#, sous astreinte de 500 000 FCFA par jour de retard. Le portail USSD *050#, apprend-on, permet à tout utilisateur des services d’Express Union Mobile Money d’effectuer des opérations financières sur son compte, à partir d’un téléphone portable, quel que soit l’opérateur de mobile auquel il est abonné. Express Union a été privé de ce portail, depuis le 07 juin 2016, sans motif, souligne l’entreprise, dans ses différentes correspondances relatives à cette affaire dans laquelle MTN Cameroun est accusé de pratique anticoncurrentielle. Puisque la suspension du code *050# prive les clients d’Express Union du service de transfert d’argent par mobile, activité également pratiquée par MTN Cameroun.

A la suite d’une plainte d’Express Union auprès de l’Agence de régulation des Télécoms, MTN Cameroun avait été enjoint par le régulateur, le 18 octobre 2016, de rétablir le code USSD *050#, injonction ignorée par l’opérateur de la téléphonie mobile, obligeant Express Union à saisir la justice qui vient de se prononcer en sa faveur pour la 2ème fois. Une procédure du même type a été déclenchée par Express Union contre l’opérateur de mobile Orange Cameroun, mais cette fois-ci devant la Commission nationale de la concurrence.

Au sujet des accusations de pratiques anticoncurrentielles portées contre eux, les deux opérateurs de mobile (MTN et Orange) ont toujours clamé leur innocence, rappelant qu’ils n’ont jamais été en partenariat avec Express Union sur le code USSD *050#.

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