Louis Paul Motaze condamne le détournement de certains biens subventionnés

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Louis Paul Motaze, Ministre camerounais des Finances
(BFI) – Inscrite pour plus de 600 milliards de FCFA dans le budget du Cameroun, une partie de ces biens subventionnés prennent plutôt la destination des pays voisins au détriment des acteurs nationaux.

Conformément à l’article 32 du décret présidentiel n°281 du 31 mai 2019 fixant le calendrier budgétaire de l’Etat du Cameroun rendant «obligatoires» les consultations des acteurs économiques, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze a partagé avec les groupes patronaux, opérateurs économiques et financiers, l’évaluation de la mise en œuvre des réformes fiscales et douanières proposées par le Groupement inter patronal du Cameroun, des réformes mises en œuvre au cours de l’année 2019, ainsi que les perspectives au titre des propositions formulées par le Minfi dans la préparation du projet de loi de finances pour l’exercice 2020.

Autre point évoqué par le Minfi lors de sa rencontre avec le secteur privé, les dépenses fiscales. Dépenses qui constituent, d’après le Minfi, « des exonérations et facilités consenties par l’Etat… ». Louis Paul Motaze condamne le détournement de certains biens subventionnés par le gouvernement au profit d’autres intérêts : «si certaines exonérations se justifient et atteignent leurs objectifs, d’autres par contre méritent qu’ensemble, nous les questionnons, quand nous nous rendons compte qu’à l’arrivée, nous subventionnons les produits qui entrent pour prendre la route d’autres pays. Nous subventionnons les intrants, les produits, les services et prestations qui ne profitent pas à l’économie camerounaise », a-t-il indiqué. Qualifiant la pratique de « paradoxe fiscal camerounais découlant essentiellement de problématique des dépenses fiscales ». Autre paradoxe relevé séance tenante, la pression fiscale jugée forte par les entreprises, et à contrario, faible pourcentage par les économistes et les financiers (en dessous de 20% du PIB, soit 14%): « l’Etat doit fonctionner malgré tout », a précisé, avec autorité, le ministre.

Tout compte fait, les dépenses fiscales représentent en moyenne 600 milliards de FCFA par an. En 2017 par exemple, elles ont représenté 605,6 milliards de FCFA, soit 276,7 milliards en fiscalité de porte et 328,9 milliards en fiscalité intérieure. Dans les détails, les dépenses fiscales coûtent ainsi à l’Etat 55 milliards de FCFA pour le secteur de l’agriculture, 212 milliards de FCFA pour les produits pétroliers, et 211 milliards de FCFA destinés aux produits alimentaires, dont 71 milliards de FCFA pour le riz, 43 milliards de FCFA pour le poisson, 19 milliards pour la farine, entre autres.

Par Omer Kamga

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