L’industrialisation pourrait être la voie du salut du Cameroun

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(BFI) – L’obsession du président de la République, Paul Biya, de faire du Cameroun un pays émergent et donc industrialisé reste clairement affichée dans ses sorties ces dernières années. A l’observation, sur la décennie en cours, l’industrialisation de l’économie camerounaise est pratiquement devenue une occurrence et une récurrence dans ses différents messages de fin d’année à la Nation.

Fraîchement réélu par une écrasante majorité de ses concitoyens au terme du scrutin présidentiel du 07 octobre dernier, Paul Biya qui a axé son mandat en cours sur les « Grandes Opportunités » semble déterminé à hisser son pays au rang des économies modernes.

Son discours inaugural du mandat 2018-2025 ne s’écarte pas de cette ambition. Après la longue période d’élaboration, de réajustement et de validation du Plan directeur d’industrialisation (PDI), le chef de l’Etat estime qu’il faut passer à la phase concrète. C’est l’une des dorsales de son discours du 06 novembre dernier lors de sa prestation de serment devant le peuple camerounais.

Le cap a été fixé depuis l’élaboration du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi. Le nouveau PDI est venu rendre visible et lisible l’ambition du pays à parvenir à cette « terre promise » qu’est l’industrialisation.

Mais tout cela tarde à se mettre en musique. « La mise en œuvre du PDI sera une des tâches prio ritaires du septennat », promet Paul Biya. Au regard de la tonalité de ce discours, tout laisse croire que le chef de l’Etat est déterminé à faire bouger les lignes. Il est convaincu que l’industrialisation est la seule voie du salut pour atteindre l’émergence.

Cette mutation passe par la transformation de l’appareil de production à travers la mise en place d’un tissu productif et industriel à la dimension des économies modernes. Pour réussir ce pari, le Cameroun doit quitter le statut de pays pourvoyeur de matières premières pour tirer ses devises à partir de l’exportation des produits finis ou semi-finis.

Aujourd’hui, avec la fin de la « success story » des matières premières, la compétition économique ne repose plus sur l’exportation des volumes de matières faiblement transformées mais sur le niveau de valeur ajoutée des produits transformés pour les clients finaux. Le Cameroun doit ainsi se passer de l’économie de «comptoir» pour opérer une véritable transition industrielle. Comme l’a constaté le président de la République lui-même, notre « balance commerciale est chroniquement déficitaire » à cause de notre faible niveau de production des biens et services.

Cette politique basée sur l’importation massive des biens de consommation inhibe les efforts des pouvoirs publics à bâtir une croissance enrichissante. Le président de la République est bien conscient de ce retard « criard » du Cameroun sur le plan industriel. Son diagnostic du 06 novembre dernier est sans ambages : « Une économie moderne ne saurait se concevoir sans l’existence d’un secteur industriel performant ».

Pour y parvenir, le pays doit disposer de véritables « capitaines d’industrie » en lieu et place des importateurs de produits finis d’autres pays. Le Cameroun compte sur trois « sanctuaires » industriels : l’agro-industrie, l’énergie et le numérique pour inverser la donne. Cette mutation doit permettre d’augmenter la contribution du secteur industriel au PIB pour passer de 13% actuellement à 24% au moins, à l’horizon 2035. Avec une économie diversifiée, au regard du potentiel de son sol et de son sous-sol et grâce à son positionnement géographique, le Cameroun peut devenir la locomotive économique de la Cemac.

Mais toute cette ambition nécessite la mise en place d’une politique intégrée qui allie la disponibilité d’une énergie stable, suffisante et à moindre coût, des infrastructures de communication viables et l’accès aux financements. Fort heureusement, le chef de l’Etat a annoncé la réalisation d’autres grands chantiers de deuxième génération dans les domaines énergétiques et des infrastructures de transport « au bénéficie de notre économie et pour faciliter les communications avec nos voisins ».

La volonté du « chef » pour faire de notre pays « l’usine de l’Afrique » est clairement exprimée et affichée. Que les « opérationnels » se mettent donc au travail. Pour traduire en actes cette nouvelle politique économique.

Bertrand Abégoumégné

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