(BFI) – Le Basel Anti-Money Laundering Index 2025 classe les 6 pays de la Cemac à des rangs élevés en matière de vulnérabilité au blanchiment des capitaux.
Le Tchad occupe le 4e rang mondial, suivi de la Guinée Équatoriale au 5e rang et du Gabon à la 8e place. La République Centrafricaine se positionne 9e, le Congo 11e tandis que le Cameroun se situe à la 30e place. Ce classement intervient dans un contexte où la RDC trône en tête en Afrique et se classe 3e au niveau mondial. Il met en lumière la forte exposition des pays de la Cemac aux risques financiers illicites.
Cette position reflète des faiblesses structurelles qui persistent dans les dispositifs de lutte contre le blanchiment. Malgré l’existence des textes communautaires et de cadres réglementaires nationaux, leur mise en œuvre demeure inégale. Les capacités de supervision financières restent limitées dans plusieurs pays. Les autorités de contrôle manquent souvent de moyens techniques et humains. Cette situation réduit l’efficacité des mécanismes de préventions et de répressions.
L’indice souligne également le poids des risques de corruption et de fraude dans les scores des pays de la Cemac. La transparence financière demeure insuffisante, notamment en matière d’identification des bénéficiaires effectifs et de traçabilité des flux. Les faiblesses de la gouvernance publique et de la responsabilité institutionnelle aggravent ces vulnérabilités. Les risques juridiques et politiques accentuent l’instabilité du cadre économique. Des facteurs qui pénalisent la crédibilité financière des Etats concernés et freinent aussi l’attractivité de la région pour les investisseurs.
Face à ce constat, le renforcement de la lutte contre le blanchiment apparait comme une priorité stratégique pour la Cemac. L’alignement effectif sur les recommandations du Gafi et la coopération entre les cellules de renseignements financiers sont essentiels. Des réformes ciblées sur la supervision bancaire, la transparence et la gouvernance sont attendues. L’enjeu est de réduire durablement les risques systémiques. A terme, la stabilité financière et l’intégration régionale en dépendent.




