Les nouvelles obligations de NSIA Banque entrent en bourse

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Leonce YACE
Leonce YACE, Directeur Général de NSIA Banque CI

(BFI) – Sept mois après le lancement de son Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) de 40 milliards de Fcfa (environ 60 millions de dollars), NSIA Banque l’introduit sur la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’UEMOA (BVRM). Une opération « historique » qui vise à élargir les canaux de financement des PME.

Le Fonds commun de titrisation de créances (FCTC) du Groupe NSIA est désormais coté à la Bourse régionale des valeurs mobilières de l’UEMOA (BVRM), a annoncé le groupe financier 18 septembre dernier. D’une valeur nominale de 10 000 Fcfa, une maturité de cinq ans et un taux de rendement annuel de 7%, ces obligations ont été souscrites à hauteur de 41,3 milliards de Fcfa pour 40 milliards attendus. Une première saluée par le directeur général de la BVRM, Edoh Kossi Amenounve, qu’il a qualifiée d’« historique ». « J’encourage les autres acteurs de notre marché, a-t-il dit, à emboiter le pas [au Groupe NSIA] par le lancement de produits financiers innovants devant permettre d’accroitre la mobilisation de ressources nécessaires pour un meilleur financement de nos économies ».

Elargir les canaux de financement pour les PME

NSIA est en effet pionnier de la titrisation de créances au sein de l’UMEOA avec ce fonds lancé en février 2020. Fruit d’un partenariat avec la Société financière internationale (IFC) -le bras de la Banque mondial pour le secteur privé- comme investisseur de référence, le FCTC vise non seulement à augmenter la capacité de financement de NSIA Banque CI, mais aussi à répondre aux fortes sollicitations de financement des PME.

« En cette période difficile marquée par la COVID 19, nous sommes convaincus que nos économies ont plus que jamais besoin de mobiliser toutes les ressources disponibles si nous voulons répondre aux besoins de financement de nos entreprises », a déclaré Olivier Buyoya, Représentant régional d’IFC en Côte d’Ivoire, soulignant que la participation de l’IFC relève de l’initiative J-CAP de la Banque mondiale pour le développement des marchés de capitaux locaux.

Au-delà, « L’introduction du titre FCTC NSIA Banque 7% 2020-2025 à la BRVM offre une opportunité nouvelle d’acquisition des titres aux investisseurs et contribuera ainsi à approfondir notre marché financier », estime Léonce Yacé (Photo), DG de NSIA Banque CI.

La BVRM, pour rappel, affiche une capitalisation boursière globale de 9 336 milliards de Fcfa, soit 12 % du PIB de l’UEMOA. Le marché des actions mobilise de plus de 4 milliards de Fcfa de capitalisation constituée par 46 sociétés dont 76% venant de Côte d’Ivoire, tandis que le reste provient du Burkina Faso, du Sénégal, du Togo, du Bénin, du Mali et du Niger. Le marché obligataire, quant à lui, fait plus de 5 milliards de Fcfa de capitalisation boursière constituée d’emprunts souverains, d’emprunts d’organisations régionales, d’emprunts du secteur privé et de sukuks, auxquels s’ajoutent désormais les créances titrisées.

Alors que le règlement de l’UEMOA autorise la titrisation de créances depuis 2010, ce n’est que 10 ans plus tard qu’une banque s’y lance pour la première fois. Dans un entretien avec La Tribune Afrique à l’occasion, Léonce Yacé expliquait cela par la nécessité pour le secteur banquier de maitriser la technique financière propre à ce type d’opération et de s’accommoder au cadre réglementaire juridique défini. « Il appartient ensuite à tout acteur intéressé […] d’en identifier les avantages et éventuellement les limites, de trouver des équipes outillées et compétentes en interne pour pouvoir mettre en place les mécanismes nécessaires à la réalisation des opérations de titrisation ».

Placide Onguéné

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