(BFI) – A l’Est du Cameroun, les Emirats Arabes Unis veulent bâtir un parc industriel dédié à la transformation du bois estimée à 430 milliards de Fcfa. Ce projet découle d’un mémorandum d’entente signé le 9 janvier à Douala entre la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi) et le groupe Emirati SGC Investment LLC. L’accord, conclu pour une période de 2 ans, définit un cadre de coopération destinée à structurer plusieurs projets industriels.
Le choix de Bertoua n’est pas anodin. Situé au cœur du bassin forestier de l’Est, la ville se trouve à proximité immédiate de vastes concessions boisées, exploitées depuis des décennies principalement sous forme de grumes exportées. Le projet entend rompre avec ce modèle. L’objectif est de concentrer sur un même site, des unités de transformation capable de produire des sciages industriels, des meubles ou des composants semi-finis, destinés aussi bien au marché local qu’à l’exportation.
Le projet repose sur des prérequis déjà sécurisés. « Les terrains sont disponibles, les études de faisabilité ont déjà été réalisées et validées, tout comme l’étude d’impact environnementale, document clé pour l’obtention des documents réglementaires » ont rappelés les deux parties.
L’un des éléments structurants du parc industriel de Bertoua réside dans son dispositif énergétique. Le projet prévoit l’installation d’une centrale à biomasse d’une capacité annoncée de 262,6 Mw, destinés à alimenter les unités industrielles. Cette option énergétique vise à sécuriser l’approvisionnement en énergie dans une région où l’accès à l’électricité fiable reste un défi majeur, tout en valorisant les résidus issus de la transformation du bois.
Dans le cadre du mémorandum, SGC Investment LLC est chargé de mobiliser des partenaires techniques et financiers, d’identifier les opérateurs industriels et de contribuer à la structuration du projet, depuis les infrastructures jusqu’à la gestion des zones industrielles. La Magzi, de son côté s’engage à faciliter les procédures administratives et à aligner le projet sur les priorités nationales, notamment celle définit dans le Programme national de développement et d’aménagement des zones industrielles.
Au-delà de l’investissement annoncé, l’enjeu est macroéconomique. En misant sur la transformation locale du bois, le Cameroun cherche à capter un part plus importante de la valeur ajoutée générée par sa ressource forestière, à renforcer ses recettes fiscales et à créer des emplois industriels durables dans une région historiquement cantonnée à l’exploitation primaire. Les projections globales associées aux projets portés par la Magzi évoquent jusqu’à 50 000 emplois, même si leur concrétisation dépendra de la capacité à attirer des industriels et à maintenir un cadre économique stable.
Antoine Mboussi




