Le patronat sénégalais se prononce sur le Franc CFA

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MEDES

(BFI) – Après moult débats qui ont alimenté le sujet du Franc CFA, c’est au tour du Mouvement des Entreprises du Sénégal (MEDES) de s’intéresser à la question.

Réuni, jeudi 12 septembre, en marge de leur 19e session annuelle, les membres du MEDES, ont donné une place de choix à l’avenir de la monnaie commune aux 8 pays de l’Afrique de l’UEMOA.

Ainsi, les acteurs regroupant des experts, banquiers, techniciens, opérateurs et chefs d’entreprise se sont prononcés sur le thème du jour, : « l’avenir de notre monnaie commune : le franc CFA ! ».

Dans un contexte de globalisation marqué par la mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), les panélistes n’ont pas manqué d’évoquer la future monnaie unique de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), «l’Eco».

Cette initiative avait pour objectif principal de mener un cadre de réflexion afin de trouver des pistes de solution pour une monnaie pouvant jouer son “véritable” rôle dans l’économie des pays africains.

Si certaines autorités ont loué les avantages du Franc CFA (croissance soutenue, en moyenne au-delà de 6%, maîtrise de l’inflation…), d’autres spécialistes soutiennent qu’il n’a plus d’avenir.

Le professeur d’économie, Chérif Salif Sy est, lui, catégorique: le Franc CFA n’a aucun avenir et continue de freiner le développement des pays membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).

« Je ne peux dire rien de plus ou de moins de ce que nos chefs d’états ont dit en 1983. Les présidents avaient décrété que le Franc CFA n’avait pas d’avenir et qu’il fallait construire le franc de la CEDEAO », a-t-il rappelé.

Sur ce, l’économiste a précisé que les réflexions sont importantes et serviront dans la mise en œuvre de la monnaie «Eco».

S’exprimant sur cette question de la monnaie unique de la CEDEAO, le ministre sénégalais de l’Économie et du Plan, Amadou Hott a soutenu qu’il est devenue un impératif d’accélérer ce processus. Car, souligne-t-il, “il va permettre à nos entreprises de pouvoir prospérer dans cette zone qui aura une monnaie unique, stable avec un marché beaucoup plus intégré et compétitif”.

Loin de partager l’enthousiasme ministériel, le docteur en économie, Souleymane Keita, tempère: “avant de s’aventurer à une monnaie unique, il faut d’abord des préalables pour renforcer le commerce intra-communautaire de la CEDEAO, qui demeure très faible”.

Et l’universitaire d’ajouter: “si on a une monnaie unique alors que les échanges ne fructifient pas, cela ne servira à rien”.

En rappel, les pays de la CEDEAO ont réaffirmé leur volonté souveraine de mettre en place une monnaie unique, «Eco» au plus tard en 2020. Si les 8 pays de l’UEMOA sont quasiment prêts à franchir le pas, grâce à une discipline macroéconomique avérée, les 7 autres pays de la zone, dont le Nigeria et le Ghana sont confrontés à des déficit, notamment budgétaires, abyssaux, des inflations galopantes et une faible gouvernance du système financier.

Par Placide Onguéné

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