Le groupe Afriland First Bank se retire de la Guinée équatoriale

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Paul fokam

(BFI) – Détenteur d’environ 70% des parts du marché bancaire en Guinée équatoriale depuis deux décennies, loin devant le Français Société Générale, CCEI Bank Guinée Equatoriale, filiale de la holding bancaire Afriland First Group, fondée par le Camerounais Paul Kammogne Fokam (Photo), a décidé de quitter le secteur bancaire dans ce pays, en cédant ses actifs (53%) à l’État équato-guinéen qui devient ainsi l’actionnaire majoritaire.

Pour Afriland First Group (AFG), la Guinée équatoriale, c’est fini. Le 9 janvier, Agapito Teodosio Nguema Obiang Ona Mba a officiellement été désigné à la tête la CCEI Bank Guinée équatoriale, à l’issue d’un conseil d’administration extraordinaire. La promotion de cet ancien cadre de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), qui fut le numéro deux de la filiale locale de Société générale, vient mettre un terme au long règne du Camerounais Joseph Célestin Tindjou Djameni.

Selon Jeune Afrique, le deal, qui intègre également les 13% détenus par Afriland First Bank, filiale camerounaise du groupe, dans le tour de table de CCEI Bank Guinée Equatoriale, a été conclu depuis juillet 2020, pour un montant avoisinant 30 milliards de FCFA. Du coup, propriétaire de seulement 10% des actifs de cette banque au départ, l’État équato-guinéen monte à 76% dans le capital, contre 15% pour des privés nationaux, et 9% pour le groupe Abayak, contrôlé par la famille Obiang Nguéma, le chef de l’État équato-guinéen.

« L’opération est encore en cours, elle n’est pas dénouée », souligne une source interne à la banque. En fait de dénouement, apprend-on, six mois après la conclusion du deal, Afriland First Group n’a pas encore reçu la totalité des près de 30 milliards de FCFA attendus dans le cadre de la cession de ses actifs en Guinée équatoriale, à cause de certaines frictions nées après la transaction.

En effet, apprend-on de bonnes sources, le fruit de la transaction, selon l’accord entre les parties, devait être versé sur l’un des comptes d’Afriland First Group. Mais, cette holding de droit suisse ne disposant pas de compte dans la zone Cemac. La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), institut d’émission des six États de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA), qui excipe la nouvelle règlementation de change, souhaite que les fonds soient versés à Afriland First Bank.

André Noir

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