(BFI) – Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a mis en avant, le 31 décembre 2025, lors de son Discours à la Nation, l’effort financier d’envergure réalisé par le Gabon, destiné au remboursement de la dette intérieure et extérieure. Un chiffre qui s’élevant à près de 3 142 milliards de francs CFA depuis le 30 août 2023.
S’adressant à la Nation, le 31 décembre, le président de la République a fait le bilan des actions menées depuis sa prise de fonction. Sur le plan économique, Brice Clotaire Oligui Nguema a évoqué le remboursement de la dette intérieur et extérieur du Gabon. En clair, a-t-il annoncé, près de 3 142 milliards de Fcfa depuis le 30 août 2023, date du renversement du précédent régime au Gabon. Cet argent, a-t-il affirmé, traduit la volonté des autorités de réduire l’endettement lourd héritée du régime précédent et de restaurer la crédibilité financière du pays. Face à ces contraintes, il est revenu sur la nécessité de concilier rigueur budgétaire et maintien de l’investissement public afin de répondre aux aspirations de développement et de consolider la souveraineté économique.
Sur le plan stratégique, le chef de l’État a énuméré des mesures symboliques et concrètes visant à renforcer la maîtrise nationale des ressources. Le rachat d’Assala Energies, de la Société des magasins pétroliers d’Afrique, de Tullow Oil et de la SNBG, l’ouverture des mines industrielles à l’exploitation locale et la transformation locale du manganèse illustrent cette orientation. Ces opérations, associées à des réformes fiscales destinées à optimiser les recettes publiques et à rationaliser les dépenses, constituent, selon lui, les leviers pour bâtir une économie plus autonome et moins exposée aux aléas externes.
La mise en œuvre d’un système de gestion publique modernisé figure au cœur de cette stratégie. «La digitalisation de la gestion publique se poursuivra, avec un nouveau système intégré des finances publiques pleinement opérationnel dès 2026», a-t-il déclaré, insistant sur l’exécution rigoureuse des recettes et des dépenses, selon les standards internationaux. Par ailleurs, la lutte contre la corruption est présentée comme un enjeu fondamental, d’autant plus que chaque gestionnaire devra «rendre compte de ses actes, y compris devant la justice», afin d’établir une culture de responsabilité et de transparence dans l’administration.
Ce cadre de politiques publiques s’inscrit dans une logique plus large de stabilité macroéconomique et de développement soutenu. Le discours présidentiel a réaffirmé une orientation où la rigueur budgétaire ne contredit pas l’investissement public, mais le rend compatible avec une vision de souveraineté économique et de modernisation des instruments étatiques. Le chiffre, près de 3 142 milliards de francs CFA, demeure donc le fil conducteur de ces récentes démarches, selon lequel le pays cherche à regagner les marges de manœuvre et à préparer les bases d’un développement durable dans un contexte international souvent incertain.
Toutefois, il est à noter que selon plusieurs sources, la dette publique du Gabon est une préoccupation économique intense, avec un encours atteignant plus de 8 600 milliards de FCFA à fin octobre 2025.
Antoine Mboussi




