(BFI) – À l’approche du renouvellement du secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie en 2026, l’institution se trouve à un moment charnière de son histoire. Longtemps cantonnée à un rôle essentiellement culturel et linguistique, elle est aujourd’hui attendue sur des enjeux plus concrets : influence diplomatique, impact économique, réponse aux crises. Dans ce contexte, la candidature du Gabonais Roll Stéphane Ngomat s’inscrit dans une volonté assumée de repositionnement. Après le Rwanda, la RDC, la Mauritanie et la Roumanie, le Gabon se lance à son tour à la conquête de l’OIF.
Diplomate de formation, le Gabonais Roll Stéphane Ngomat a construit son expérience au croisement des dynamiques africaines et des cadres multilatéraux. Engagé sur les questions de paix et de sécurité, de gouvernance et de participation citoyenne, il a pris part à plusieurs initiatives liées aux mécanismes de prévention des conflits et à la consolidation institutionnelle. Son passage au sein d’organes associés à l’Union africaine lui a permis de se familiariser avec les enjeux de réforme du secteur de la sécurité, mais aussi avec les problématiques liées à l’inclusion des jeunes et des femmes dans les processus de décision.
Une orientation marquée vers l’action
Au-delà de son parcours institutionnel, Roll Stéphane Ngomat met en avant une approche pragmatique de la diplomatie, tournée vers la mise en relation d’acteurs publics et privés et la concrétisation de projets économiques. Énergie, infrastructures, agriculture, numérique : autant de secteurs dans lesquels il a contribué à faciliter des partenariats. Cette dimension opérationnelle répond à une critique récurrente adressée à la Francophonie : celle d’un manque de résultats visibles. Dans son projet, l’organisation est appelée à devenir un instrument plus efficace au service du développement et de l’emploi, en particulier pour les jeunes.
Un soutien des plus hautes autorités : un levier décisif
Dans cette dynamique, l’implication des plus hautes autorités gabonaises apparaît non seulement souhaitable, mais stratégique. Soutenir la candidature de Roll Stéphane Ngomat, c’est renforcer le positionnement diplomatique du Gabon sur la scène internationale, en plaçant un cadre national à la tête d’une organisation influente. Un tel appui institutionnel enverrait un signal fort aux États membres de la Francophonie, en crédibilisant davantage la candidature et en démontrant l’unité nationale autour de cette ambition.
Des priorités dans la continuité, une méthode revendiquée
Le projet porté par Ngomat reprend les axes traditionnels de l’OIF — langue française, diversité culturelle, paix et démocratie, éducation — tout en y intégrant des priorités plus opérationnelles : développement des échanges économiques, prévention des crises, appui aux politiques publiques nationales ou encore soutien à l’innovation. L’accent est également mis sur la question des moyens, avec la volonté de diversifier les financements et d’améliorer la gestion des ressources. Mais c’est peut-être davantage dans la méthode que se situe la singularité de cette candidature : pilotage par les résultats, suivi des engagements, recherche d’une plus grande lisibilité des actions.
Un choix à portée stratégique
L’élection à venir dépasse le seul cadre des personnes en lice. Elle pose, en filigrane, la question de l’évolution même de la Francophonie. Doit-elle rester un espace d’échanges culturels ou devenir un acteur plus affirmé sur les plans politique et économique ? La réponse dépendra en grande partie de la capacité des États membres à s’accorder sur une ambition commune. Dans ce débat, la candidature de Roll Stéphane Ngomat traduit une attente de plus en plus exprimée, notamment sur le continent africain : celle d’une organisation plus proche des réalités, plus lisible et, surtout, plus efficace. À condition, toutefois, qu’elle bénéficie d’un soutien clair, assumé et stratégique des plus hautes autorités nationales.




