(BFI) – Réunis depuis le 17 février 2026, les membres du Conseil régional du Littoral ont adopté un budget de 12,7 milliards FCFA pour 2026, soit le double de l’exercice précédent. L’enveloppe intègre une fiscalité locale attendue à plus de 8 milliards FCFA. Elle est complétée par 2 milliards FCFA de dotation multisectorielle (BIP/Minddevel), plus d’un milliard de dotations transférées par les administrations sectorielles, ainsi qu’1 milliard au titre de la dotation générale de la décentralisation (DGD) destinée au fonctionnement.
Avec ces moyens, l’exécutif régional affiche une priorité : achever les chantiers structurants engagés lors des exercices précédents. Pour le président du Conseil, Polycarpe Banlog, l’objectif est de répondre aux défis de l’éducation, de la santé et du désenclavement. Il s’agit, concrètement, de finaliser la construction d’écoles et de salles de classe, de centres de santé et de routes dans les quatre départements de la région.
Polycarpe Banlog promet un déploiement désormais « visible sur le terrain », sans exception géographique. « Du Moungo au Nkam, de la Sanaga-Maritime au Wouri, chaque département devra ressentir le développement », a-t-il précisé.
Mais plusieurs élus pointent un risque récurrent : des crédits reportés, voire perdus chaque année, en raison des délais administratifs, des lenteurs dans les passations de marché et d’une difficulté persistante à absorber les fonds alloués. Le président du Conseil régional veut tourner la page : « Nous ne nous cacherons plus sous le prétexte de l’apprentissage pour solliciter des circonstances atténuantes », a-t-il martelé, estimant que le temps des excuses liées à la découverte de la décentralisation est révolu.
Le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a, lui aussi, mis en garde contre toute inertie administrative. Pour l’autorité de tutelle, les ressources mobilisées doivent impérativement être utilisées pour achever les chantiers. Jusqu’au 19 février, les conseillers régionaux doivent passer au crible chaque ligne de dépense afin d’en vérifier la pertinence sociale et de s’assurer que les projets seront réalisés « dans l’orthodoxie ».
Cédric Boyomo




