(BFI) – La dette publique de la République du Congo devrait légèrement augmenter en 2027, passant de 9 537,8 milliards de Fcfa (16,8 milliards de dollars) en 2026 à 9 608,1 milliards de Fcfa. Malgré cette hausse, le ratio dette/PIB devrait reculer, passant de 89,9 % à 86,2 %, selon le rapport sur les perspectives économiques du Congo pour 2026 publié le jeudi 10 septembre.
Cette baisse du ratio résulterait principalement d’une croissance du PIB nominal plus rapide que celle de l’encours de la dette. Le PIB nominal est projeté à 10 608,7 milliards de francs CFA en 2026 et à 11 145,5 milliards de francs CFA en 2027. Cela réduirait le poids de la dette par rapport à la taille de l’économie, bien que le ratio demeure supérieur au plafond d’endettement de 70 % fixé par la CEMAC. La structure de la dette devrait également évoluer en 2027. La dette extérieure représenterait 41,5 % du PIB, contre 41,6 % l’année précédente. La dette intérieure, quant à elle, passerait de 48,3 % du PIB à 44,7 %. La charge du service de la dette extérieure devrait également s’alléger en 2027 après avoir augmenté en 2026. En proportion des recettes publiques, elle passerait de 18,6 % en 2025 à 23,2 % en 2026, avant de redescendre à 16,3 % en 2027.
Toutefois, la pression sur les finances publiques devrait rester forte. Les coûts liés à la dette devraient augmenter de manière significative pour atteindre 348,6 milliards de Fcfa en 2027, contre 238,1 milliards de Fcfa en 2026. Cette hausse refléterait principalement des obligations lourdes au titre du service de la dette, la poursuite de la titrisation de la dette intérieure ainsi qu’une émission accrue d’obligations du Trésor assimilables (OTA). Une dette toujours exposée à plusieurs risques
Malgré l’amélioration prévue, les risques de refinancement et les coûts d’emprunt élevés persisteront. Le gouvernement juge néanmoins la dette soutenable, invoquant les mesures mises en œuvre dans le cadre de son programme économique et financier soutenu par le Fonds monétaire international. Cette appréciation fait suite à une évaluation du FMI publiée en février 2026, qui classait le Congo dans une situation de surendettement. À fin décembre 2025, la dette publique s’élevait à 8 944 milliards de Fcfa, contre 8 530,9 milliards un an plus tôt. Le ratio dette/PIB est passé de 97,5 % en 2024 à 92,4 % en 2025.
Dans ce contexte, le FMI recommande de « renforcer la gestion de la dette pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés et garantir la soutenabilité de la dette ». Il préconise également une meilleure planification des remboursements et des émissions de dette, une coordination accrue entre les organismes publics ainsi qu’une plus grande transparence en matière d’emprunt. Le Fonds recommande en outre de privilégier davantage les financements concessionnels.
Dans son cadre budgétaire à moyen terme pour la période 2027-2029, le gouvernement congolais prévoit de nouvelles mesures pour renforcer la soutenabilité de la dette. Celles-ci incluent le maintien d’excédents budgétaires sur toute la période, l’amélioration de la gestion de la trésorerie et de la dette intérieure, ainsi que la poursuite des efforts visant à réduire la dette et à en améliorer la structure.




