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Le Camerounais Ernest Claude Ewoty Ndjié produit la farine de blé à base d’épluchures de manioc

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(BFI) – Le 22 janvier 2022, la société brassicole Guinness Cameroun a révélé les résultats de son « Orijinal Challenge », un concours visant à célébrer le made in Cameroon. Le grand vainqueur de ce challenge s’appelle Ernest Claude Ewoty Ndjie, qui produit la marque de farine Enec (les initiales de son nom), faite à base d’épluchures de manioc pourtant considérées comme déchets par la plupart des ménagères.

« Quand j’ai la peau de manioc, je la nettoie. J’enlève la petite membrane fine parce que c’est la peau rouge et la peau blanche qui sont importantes. Je la lave deux à trois fois, puis je rentre dans mon laboratoire. J’attends un mois pour le traitement que j’inflige à cette peau. Ce traitement permet de détruire toute la toxine contenue dans la peau de manioc. Après le traitement qui dure un mois, nous pouvons sortir et faire sécher nos peaux au soleil. Lorsque les peaux ont séché au bout de trois à quatre jours, elles peuvent directement aller au moulin pour être broyées. Ce qui nous permettra d’obtenir la farine », a-t-il expliqué au journal Défis Actuels.

Pour cette trouvaille, l’inventeur camerounais a reçu un chèque d’un montant de 5 millions de FCFA de la filiale locale du groupe brassicole britannique Diageo. Une autre enveloppe du même montant a été partagée aux deux autres lauréats du challenge, parmi les 10 finalistes sélectionnés par un vote sur Facebook (70% de la note), et finalement départagés par un jury.

Cette récompense survient au moment où des craintes sur l’augmentation du prix du pain généralement produit à base du blé importé se font jour dans le pays. En effet, en raison du renchérissement du blé à l’international, les boulangers, qui n’utilisent que cette matière première, envisagent de répercuter les surcoûts sur le prix final de la baguette, qui est certainement le produit le plus consommé par les populations camerounaises. Cette menace sur le prix du pain a remis au goût du jour la nécessité de promouvoir des farines à base de produits locaux (manioc, patate, plantain, etc.), qui recèlent de nombreux avantages. 

Epluchures de manioc frais

Faillite de la Sodéblé

« La farine de peaux de manioc va créer plusieurs emplois. Nous allons un peu réduire le chômage, parce que notre business plan prévoit la création de 500 à 1000 emplois directs et indirects. Autre aspect économique, selon mes objectifs, nous allons réduire les importations et réduire la fuite des devises parce que nous achetons la farine de blé à des coûts exponentiels. Nous espérons que notre farine va réduire ou arrêter ce flux avec l’extérieur. En dehors de cela, nous pensons que les jeunes cultivateurs pourront avoir de l’émulation en termes de création de champs de manioc », confie Ernest Claude Ewoty Ndjie, qui rêve d’augmenter sa production actuellement estimée à 500 kg de farine par an.

Pour rappel, au cours de l’année 2020, le Cameroun a importé une cargaison totale de 860 000 tonnes de blé, selon l’étude sur le positionnement stratégique de la filière fabrication des produits à base de céréales, rendue publique le 25 août 2021 à Douala par le Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN) camerounaises. À en croire la même source, ces importations, en hausse de 30 000 tonnes en glissement annuel, ont coûté environ 150 milliards de FCFA.

« La Russie est le premier exportateur de blé vers le Cameroun avec près de 300 000 tonnes, suivie par le Canada (144 000 tonnes), la France (117 000 tonnes) et les USA (54 000 tonnes) », énumère l’étude du BMN. En effet, depuis la faillite de la Société de développement du blé (Sodéblé) en 1980, l’intégralité du blé consommé au Cameroun est importée.

Ce statut d’importateur attitré de blé permet à des négociants internationaux, tel que la société française Céréalis, de réaliser de bonnes affaires au Cameroun. En effet, en 2015, Rémi Depoix, président de ce négociant français, a révélé que cette entreprise spécialisée dans le négoce des céréales exporte vers le Cameroun environ 200 000 tonnes de blé chaque année. Ce qui représente, selon lui, environ 20% du chiffre d’affaires de Céréalis indique Investir au Cameroun.

Rédaction
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