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Le Cameroun sécurise 111,6 milliards de Fcfa auprès de trois banques européennes pour étendre le réseau d’eau potable de la capitale

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Le projet est présenté comme une excroissance du Projet d’approvisionnement en eau potable de Yaoundé à partir du fleuve Sanaga (Paepys), achevé et inauguré depuis 2024. Le Paepys a permis de construire une nouvelle station de production sur la Sanaga, à Batschenga (région du Centre), d’une capacité de 300 000 m³/jour, extensible à 400 000 m³/jour.

Au ministère de l’Eau et de l’Énergie, il est soutenu que, malgré ce renforcement de la production, l’infrastructure ne suffit pas à elle seule à améliorer la desserte de toutes les populations. La station d’Akomnyada ne produisant que 100 000 m³/jour pour une demande estimée à 315 000 m³/jour, le Paepys a vocation à combler le gap de 215 000 m³. Mais, selon les autorités, la configuration actuelle du réseau de distribution empêcherait d’alimenter certains quartiers et zones, d’où la nécessité d’une reconfiguration adaptée à la nouvelle source et aux nouveaux flux.

Objectifs : intégrer 285 000 m³/jour, 30 000 branchements

Lors de la défense de son enveloppe budgétaire à l’Assemblée nationale en décembre 2025, la ministre de l’Eau et de l’Énergie a précisé que « ce projet vise à garantir l’intégration harmonieuse dans le réseau d’eau potable de la ville de Yaoundé, du flux d’eau additionnel d’une capacité de 285 000 m³/jour qui viendra du Paepys ; à accroître la proportion de la population de la métropole de Yaoundé (Yaoundé urbain, Soa, Mbankomo) qui utilise l’eau potable pour passer de 40 % à 61 %, ceci à travers la réalisation de 30 000 nouveaux branchements particuliers ».

Rendement, stockage, canalisations : des gains techniques chiffrés

Au-delà de la desserte, le ministre Gaston Eloundou Essomba indique que le projet doit contribuer à « améliorer le rendement de réseau » de 50 % à 71 %, à augmenter la capacité de stockage de 100 310 m³ à 122 810 m³, et à étendre le réseau structurant, secondaire et tertiaire via la pose de 525 km de canalisations.

Selon Alamine Ousmane Mey, « à travers l’amélioration de l’accès aux services sociaux de base, le projet va accroître la contribution du Cameroun à l’atteinte du sixième objectif de développement durable, l’ODD 6, qui tend à “garantir à tous l’accès à l’eau, à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau” ».

La signature intervient alors que s’achevait à Yaoundé le 23ᵉ congrès de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement (AAEA), organisé par le Cameroun. Durant ces assises, les participants ont estimé difficile l’atteinte de l’ODD 6 en Afrique à l’horizon 2030, compte tenu du retard du continent sur l’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Au Cameroun, selon les officiels, plus de 30 % de la population n’a toujours pas accès à l’eau potable, à quatre ans de l’échéance fixée par les Nations Unies.

Omer Kamga

Rédaction
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