(BFI) – Le classement 2025 de Henley & Partners sur les pays africains les moins risqués pour les investisseurs met en lumière une réalité de plus en plus visible au sein de la Cemac. L’attractivité de la zone repose désormais sur un nombre restreint de pays. Le Gabon (15e Afrique et 164e mondial) et la République du Congo (20e et 176e mondial) s’imposent comme des profils les plus lisibles pour des capitaux, dans un ensemble régional marqué par des fragilités structurelles persistantes. A l’inverse, le Cameroun (27e et 185e mondial), pourtant première économie de la zone en terme de volume, enregistre un net décrochage dans la perception des risques. Plus en détail, la Guinée équatoriale, le Tchad et la Centrafrique ferment la marche.
Le positionnement du Gabon repose sur une combinaison de facteurs macro-économiques et institutionnels. Avec un PIB par habitant supérieur à 4500 dollars, une économie encore portée par les hydrocarbures et le manganèse et une trajectoire budgétaire recentrée sur la restauration de la crédibilité de l’Etat, le pays conserve un profil relativement défensif dans un environnement régional instable. Le Congo, fortement dépendant du pétrole, bénéficie pour sa part d’une stabilité institutionnelle perçu comme un facteur de prévisibilité pour les investisseurs, malgré un endettement élevé et une diversification économique encore limitée.
A l’opposé, le Cameroun illustre les limites du modèle régional. Bien qu’il représente près de 40% du PIB de la Cemac et dispose d’un tissu économique plus diversifié que ses voisins, le pays pâtit d’un climat des affaires jugé très contraignant : complexité règlementaire, pression fiscale élevée, retard des paiements de l’Etat et persistance des risques sécuritaires dans certaines régions. Ces éléments expliquent un recul relatif dans les classements d’attractivité, malgré des fondamentaux économiques plus solides que ceux de plusieurs pays mieux classés.
Les pays les plus fragile de la zone continuent de peser sur l’image globale de la Cemac. La Centrafrique (36e, 197e mondial), malgré une reprise progressive, reste limité par une base productive étroite et une dépendance structurelle à l’aide extérieure. Le Tchad (49e, 218e mondial), fortement exposé aux chocs sécuritaires et pétroliers, demeure l’un des profils les plus risqués du continent, malgré une croissance ponctuellement soutenue. La Guinée équatoriale (28e, 186e mondial), longtemps portée par une rente pétrolière élevée, est aujourd’hui pénalisé par l’épuisement des champs, une diversification inachevée et une gouvernance jugée opaque.
Dans ce contexte, la Cemac apparait moins comme un espace intégré que comme une somme de risque pays, où le Gabon et le Congo jouent le rôle de locomotives isolées sans parvenir à entrainer l’ensemble du bloc.




