Le Cameroun ordonne des procédures pour l’évaluation de l’utilisation des fonds Covid

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(BFI) – Le président camerounais Paul Biya a ordonné l’ouverture d’enquêtes judiciaires, confiées à un tribunal spécial chargé des affaires de corruption, sur des allégations de détournements de fonds publics alloués à la lutte contre le covid-19, a indiqué vendredi le gouvernement camerounais.

Depuis plus d’une semaine, un document présenté comme un rapport de la Chambre des comptes de la Cour suprême, et dont cette dernière ne reconnaît pas l’authenticité, circule sur les réseaux sociaux. Il évoque des détournements massifs de ces fonds, dont le montant n’a pas été précisé, et pointe la responsabilité de certains ministères voire de ministres.

Ces accusations ont déclenché un tollé sur la toile, fait la Une de nombreux médias locaux, et des responsables de l’opposition et de la société civile ont réclamé enquêtes et poursuites contre des ministres et des hauts fonctionnaires.

Les autorités, comme le parquet, ont d’abord refusé de répondre aux questions de l’AFP sur cette affaire.

Mais dans un communiqué vendredi soir, le gouvernement explique que, pour lutter contre la pandémie de covid-19, des fonds ont été répartis entre ministères et administrations « sur instructions » de M. Biya, qui dirige le pays d’une main de fer depuis plus de 38 ans. « Conformément aux usages », « des procédures ont été engagées pour faire une évaluation de l’utilisation de ces fonds », poursuit le texte.

« Des membres du gouvernement et autres personnalités ont été appelés à en rendre compte » notamment devant la Chambre des comptes de la Cour suprême, et ces audits ont « abouti à la production de rapports sur la base desquels le chef de l’Etat a instruit des enquêtes judiciaires actuellement en cours près le Tribunal criminel spécial », lit-on dans le communiqué. Cette juridiction est chargée d’enquêter sur et juger les affaires de corruption.

« A ce stade, cette procédure ne saurait, en aucun cas, donner lieu, sur la base de la présomption d’innocence reconnue à tout justiciable, à l’emballement médiatique et à la vindicte populaire auxquels on assiste actuellement », écrit encore le gouvernement.

« Les procédures d’évaluation de l’utilisation de ces fonds (… ) continueront de se dérouler en toute sérénité, dans le respect de l’orthodoxie des règles et des procédures qui encadrent la recherche de la vérité et l’établissement le cas échéant, des responsabilités de tout justiciable », conclut le texte.

Elise Nguélé

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