(BFI) – Le Cameroun va s’appuyer sur un financement concessionnel de 200 millions de dollars accordé par l’Association internationale de développement (IDA), un guichet de la Banque mondiale, pour enclencher une nouvelle phase de sa politique urbaine. Converti en monnaie locale, cette appui représente un peu plus de 120 milliard de Fcfa. L’objectif est d’améliorer durablement le visage urbain de Yaoundé et Douala, tout en modernisant la gouvernance foncière, longtemps considéré comme un frein à l’investissement et à la planification.
Le financement libéré par IDA soutient le projet Villes et gestion foncière durable (VGFD) piloté par le ministère de l’habitat et du développement durable (Minhdu). La plus grande part du prêt, environ 170 millions de dollars, est orientés vers les infrastructures urbaines tandis que 20 millions de dollars sont réservés à la modernisation de la gouvernance foncière. Le reste du financement appuie le renforcement institutionnel et prévoit un mécanisme de réponse rapide aux chocs imprévus, notamment climatiques.
A douala, capitale économique et principal hub industriel du pays, les investissements se concentrent sur les 3e et 5e arrondissements, des zones régulièrement affectées par les inondations. Les travaux annoncés portent sur plus de 11 kilomètres de voiries urbaines et environ 10 Km d’ouvrages de drainage. Les autorités mettent en avant l’introduction des solutions fondées sur la nature, combinant infrastructures classiques et aménagements végétalisés destinés à améliorer l’absorption des eaux pluviales.
A Yaoundé, capitale politique, le programme cible plusieurs communes périphériques confrontées à une forte pression démographique. Il prévoit la construction de nouvelles boucles routières à deux fois deux voies afin de fluidifier la circulation ainsi que la réalisation d’infrastructures marchandes et sociales. Des marchés conformes aux standards international Edge qui mesure la performance énergétique et environnementale des bâtiments, figurent parmi les équipements annoncés. Le projet intègre également des centres dédiés à la prise en charge des violences basées sur le genre.
Le volet foncier constitue également l’un des axes stratégiques du VGFD. Environ 12 milliards de Fcfa sont consacrés à la mise en place d’un système d’information foncière modernisé. Selon le ministère de l’Habitat, de dispositif doit sécuriser les droits sur les terrains publics et privés, réduire les litiges et raccourcir les délais de traitement des dossiers. Le projet prévoit la numérisation de 200 000 dossiers fonciers à Yaoundé et à Douala, ainsi que l’introduction d’outils juridiques tels que le certificat de possession des droits fonciers coutumiers et l’opérationnalisation de la loi sur la coproprieté. Ces réformes sont menées en coordination avec le ministère en charge des domaines et du cadastre.
Le PVGFD s’inscrit dans la continuité d’initiative antérieure soutenue par la Banque mondiale. Le projet de développement des villes inclusives et résilientes (PDVIR), clôturé en 2025, avait mobilisé plus de 93 milliards de Fcfa pour améliorer la mobilité, l’assainissement et l’accès aux équipements sociaux dans plusieurs centres urbains.




