(BFI) – Au Cameroun, l’hypothèse de rachat à terme l’eurobond de 415 milliards de Fcfa levé fin janvier 2026 n’est pas exclu si les conditions du marché deviennent plus favorables. C’est ce qu’a indiqué Samuel Tela, le directeur de la trésorerie au ministère camerounais des Finances dans une interview diffusée par la télévision publique nationale.
Revenant sur la stratégie passée, le responsable rappelle que Yaoundé avait déjà utilisé ce type d’opération pour lisser ses échéances. « En 2021, je crois qu’il faut qu’on le dise, nous avons profité des conditions favorables du marché. Le marché en 2021, post-Covid, était assez liquide. Et nous avions juste saisi cette opportunité parce que nous avions une dette, l’Eurobond de 2015, qui devait être remboursé en 2023, en 2024 et en 2025. Donc, au regard des conditions du marché, nous avions remboursé par anticipation cette dette en émettant une nouvelle. Cela a donc permis de remplacer une dette qui, à ce moment-là, nous coutait un peu plus cher par une autre dette qui coûtait moins cher, tout en allongeant les maturités », a expliqué Samuel Tela.
Selon lui, l’Eurobond de 2026 arrivera à échéance en 2033 mais l’Etat pourrait à nouveau intervenir avant cette date si les marchés deviennent plus accommodants. « Si en 2027 par exemple, ou en 2028, les conditions du marché sont très favorables, nous pourrons remplacer cet Eurobond, qui nous coûte actuellement 7,79% en euros, par un eurobond qui aurait des conditions plus favorables. En fait c’est comme ça que les Etats modernes gèrent leur dette. C’est la gestion active de la dette » soutient le responsable du Minfi dans la même interview.
Cette piste a également été évoqué lors des échanges avec la mission du Fonds monétaire international (FMI) venue examiner la situation budgétaire et les besoins de financement du pays. Samuel Tela rapporte que les experts du FMI ont interrogé les autorités sur leurs alternatives. D’ailleurs, quand le directeur général du Trésor public expliquait cela à la mission du FMI sur le financement, les experts du fonds disaient : « Si ces négociations pour des bonifications de taux ne marchent pas, comment comptez-vous financer le déficit qui devra persister ? », a-t-il relaté.
Dans ce contexte, Yaoundé garde l’option d’un retour rapide sur les marchés internationaux. « Donc nous gardons à l’esprit que, si les conditions du marché s’améliorent et que les pistes envisagées ne prospèrent pas, nous pouvons faire un nouvel Eurobond à la fin du deuxième trimestre. Mais cette fois-là, pas un placement privé, mais avec une publication auprès d’un large public et avec tout ce que cela comportera comme roadshow et documentation », a déclaré Samuel à la télévision publique.




