(BFI) – Le Cameroun a appelé à la mise en œuvre intégrale de l’Engagement de Séville, adopté en juin 2025 afin de mobiliser davantage de ressources pour le développement, de relever les défis liés à la dette et de réformer l’architecture financière internationale. Cet appel figurait dans le message du président Paul Biya adressé à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, prononcé à New York le 26 septembre 2026 par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella.
« Le financement du développement ne doit pas être considéré comme un acte de charité », a déclaré le président dans son message. Il doit plutôt être perçu comme « un investissement dans la stabilité, la prospérité partagée et la sécurité collective ». Le Cameroun a donc plaidé pour une mise en œuvre « diligente et intégrale » des engagements pris à Séville ainsi que pour une réforme de l’architecture financière internationale et multilatérale, afin d’accorder aux pays du Sud une « place plus équitable ».
Cette demande fait référence à l’Engagement de Séville, adopté le 30 juin 2025 lors de l’ouverture de la quatrième Conférence internationale sur le financement du développement. Selon l’ONU, ce cadre vise notamment à combler le déficit de financement annuel — estimé à 4 000 milliards de dollars — nécessaire à la réalisation des Objectifs de développement durable, à améliorer la réponse aux problèmes d’endettement et à renforcer la représentation des pays en développement au sein du système financier international. La conférence s’est tenue du 30 juin au 3 juillet 2025. Alors qu’il ne reste que quatre ans avant l’échéance de l’Agenda 2030, le message du Cameroun souligne que les progrès accomplis demeurent insuffisants pour atteindre les Objectifs de développement durable. « Les ressources nécessaires pour les atteindre sont pourtant disponibles à l’échelle mondiale », a affirmé Paul Biya, appelant à de meilleures conditions d’accès et d’utilisation de ces ressources.
Commerce, industrialisation et transformation locale
Le financement du développement n’était pas le seul volet économique du message. Yaoundé a également appelé à donner un nouvel élan au commerce international et a exprimé son soutien à l’industrialisation, à la transformation locale des matières premières ainsi qu’à l’intégration régionale. Cette prise de position intervient six mois après la 14e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui s’est tenue à Yaoundé. La réunion s’est ouverte le 26 mars 2026 ; initialement prévue pour se tenir jusqu’au 29 mars, elle s’est prolongée jusqu’au 30 mars, selon l’OMC. Les discussions ont notamment porté sur l’avenir du système commercial multilatéral et sur la réforme de l’organisation. Le Cameroun a également réaffirmé son soutien à l’élargissement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le pays a signé l’accord instituant la ZLECAf le 21 mars 2018, l’a ratifié le 31 janvier 2020 et a déposé son instrument de ratification auprès de l’Union africaine le 1er décembre 2020. Par la suite, le Cameroun est devenu l’un des huit pays sélectionnés pour l’Initiative de commerce guidé, conçue pour tester les échanges commerciaux dans le cadre de la zone de libre-échange continentale.
Elise Nguélé




