(BFI) – Le Cameroun figure parmi les 13 pays africains concernés par le rappel prochain de diplomates américains décidé par l’administration Trump. Selon des informations révélées par Politico et précisées par The Guardian, les chefs de mission d’au moins 29 pays ont été informés que leurs mandats prendront fin en janvier 2026, dans le cadre d’un recentrage de la diplomatie américaine autour de la doctrine « America First ».
D’après deux responsables du département d’État cités anonymement par The Guardian et repris par plusieurs médias internationaux, dont Le Figaro, les diplomates concernés — pour la plupart des diplomates de carrière — ont commencé à recevoir leurs notifications de départ la semaine dernière. Tous avaient été nommés sous l’administration de l’ancien président démocrate Joe Biden et avaient survécu à une première vague d’évictions au début du second mandat de Donald Trump, laquelle visait surtout les personnalités politiques, rapporte Africanews.
La chaîne panafricaine Africanews indique que le département d’État américain a confirmé le principe du remaniement, sans en préciser le nombre exact ni l’identité des diplomates concernés, affirmant qu’il s’agit d’un « processus standard dans toute administration ». L’institution rappelle qu’« un ambassadeur est un représentant personnel du président » et qu’il revient au chef de l’État « de s’assurer qu’il dispose, dans ces pays, de personnes qui font avancer le programme America First ».
Les diplomates rappelés ne perdront pas leur statut au sein du service extérieur américain. Ils seront réaffectés à Washington ou à d’autres fonctions, s’ils choisissent de les accepter, selon les mêmes sources.
Au Cameroun, cette décision concerne notamment Christopher J. Lamora (photo), actuel ambassadeur des États-Unis à Yaoundé. Diplomate de carrière, il avait été nommé par Joe Biden le 15 avril 2021, confirmé par le Sénat le 18 décembre 2021 et avait prêté serment le 11 février 2022. Spécialiste reconnu des affaires africaines, Christopher J. Lamora totalise près de 30 ans d’expérience sur le continent, avec plusieurs affectations en Afrique et un premier passage au Cameroun au début de sa carrière.
Lors de la présentation de la copie figurée de sa lettre de créance au ministre camerounais des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, le 21 mars 2022, il déclarait : « Je suis si heureux de revenir dans ce beau pays, l’Afrique en miniature, où ma carrière diplomatique a démarré il y a près de 30 ans au consulat des États-Unis à Douala ». Son rappel marque la fin d’un cycle diplomatique inscrit dans la continuité de la politique africaine de l’administration Biden, axée notamment sur la coopération sécuritaire, sanitaire, démocratique et économique.
Les futurs diplomates appelés à remplacer les ambassadeurs rappelés, apprend-on, devraient être choisis parmi ceux jugés pleinement alignés avec la politique « America First » de Donald Trump, traduisant une volonté de reprise en main politique de la diplomatie américaine. Ce remaniement ouvre une nouvelle phase des relations diplomatiques entre Yaoundé et Washington, dans un contexte international marqué par une recomposition des équilibres géopolitiques en Afrique et au-delà.




