(BFI) – Le projet de cession de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), filiale agro-industrielle du géant français Castel (via le groupe Somdia), est actuellement dans l’impasse. Cette vente est devenue le nouveau terrain d’affrontement d’une guerre de gouvernance et de succession interne à la famille Castel, tout en se heurtant à la vigilance stricte des autorités de Yaoundé.
L’opération cristallise une rupture profonde entre deux visions et personnalités majeures du groupe Gregory Clerc (Directeur Général du groupe Castel) qui soutient activement le désengagement de la branche sucrière et le transfert des parts de Somdia (qui détient plus de 80 % de la Sosucam). Un accord de principe avait été validé à la mi-août 2026 avec un consortium d’investisseurs camerounais, mené notamment par l’homme d’affaires Joseph Pagop Noupoué. Romy Castel (Héritière et fille du fondateur Pierre Castel), en guerre ouverte contre le directeur général, elle s’oppose farouchement à cette vente qu’elle juge contraire à l’héritière industrielle de son père. Elle plaide plutôt pour une reprise en main de la gouvernance, soutenue financièrement par Boissons du Cameroun, autre filiale locale ultra-rentable du groupe.
Le dossier s’enlise en raison de facteurs croisés
Considérée comme un pilier de la sécurité alimentaire et de l’approvisionnement national en sucre, la Sosucam est un actif ultra-stratégique pour l’État camerounais. Face aux incertitudes de ce projet de cession, les services du Premier ministre Joseph Dion Ngute ont imposé le gel de la vente. Le gouvernement a mis en place un Comité stratégique de pilotage afin d’auditer précisément l’opération.Le conseil d’administration crucial de la Sosucam, d’abord fixé fin août puis reprogrammé au 15 septembre 2026, a finalement été annulé. Malgré la présence de Gregory Clerc au Cameroun à cette période, les discussions n’ont pas permis d’obtenir le quitus étatique.
Bien que Somdia ait conclu à la mi-août un accord de principe avec un consortium d’industriels camerounais (mené par l’homme d’affaires Joseph Pagop Noupoué) pour moderniser l’outil de production, le processus reste suspendu. Plusieurs options de rachat restent sur la table, mais la bataille juridique menée à Singapour entre les membres de la famille Castel paralyse la validation finale de toute offre financière chiffrée. Le calendrier est désormais suspendu aux arbitrages du gouvernement camerounais d’une part, et à l’issue de la crise de gouvernance mondiale qui secoue l’empire Castel d’autre part.
La Sosucam est un pilier de l’approvisionnement national en sucre. La campagne sucrière doit théoriquement démarrer en novembre, et une paralysie prolongée de la Sosucam pourrait menacer l’approvisionnement du marché camerounais. Pour éviter toute rupture de stock l’État camerounais exige que Somdia assure la continuité et mène à terme la campagne 2026/2027 avant toute cession définitive de ses actions.




