(BFI) – Cstar Petroleum, société de projet portée par la SNH, Tradex et Ariana Energy, prépare un scénario de démarrage partiel de la raffinerie en construction au port de Kribi. Selon des sources d’Investir au Cameroun, les promoteurs ont présenté en décembre 2025 au conseil d’administration de Cstar un calendrier de « production anticipée » qui prévoit une montée en charge à 10 000 barils par jour au second semestre 2026.
D’après une source interne au projet, ce plan viserait un début d’opérations correspondant à environ un tiers de la capacité finale annoncée, fixée à 30 000 barils par jour. Cstar estime que ce premier niveau d’activité permettrait de couvrir environ 22 % de la demande nationale en diesel et en essence, en attendant l’achèvement complet des travaux et la mise en service de l’ensemble des unités.
Si cette trajectoire se confirme, elle marquerait une accélération du calendrier initial, la mise en service ayant été envisagée pour juin 2028, selon les informations communiquées au lancement du projet.
Le projet combinant raffinerie et dépôt a été lancé officiellement le 17 juillet 2025 sur un site de la zone portuaire de Kribi. Dans une communication récente, Cstar indiquait que le démarrage « opérationnel » du chantier devait s’enclencher en janvier 2026, à l’issue d’un conseil d’administration tenu le 6 décembre 2025 à Dubaï.
Annoncé sur 250 hectares, le complexe prévoit une raffinerie d’une capacité de 30 000 barils par jour, ainsi qu’un terminal de stockage de carburants d’environ 250 000 m³, extensible à 300 000 m³. Le coût prévisionnel est évalué à environ 115 milliards de FCFA, en attendant la finalisation des études.
Les travaux ont été confiés à un consortium réunissant RCG Turnkey Solutions, Global Process Systems (GPS) et Norinco International. BGFI Cameroun a été mandatée pour mobiliser 120 milliards de FCFA et assurer le rôle de banque agent dans le montage financier.
Le projet s’inscrit dans la quête de « souveraineté énergétique » mise en avant depuis l’arrêt de la Sonara. Dans un contexte où la demande annuelle est estimée autour de 1,9 million de tonnes métriques, les capacités nationales de stockage, évaluées à environ 270 000 m³, demeurent inférieures à une cible évoquée d’environ 470 000 m³, au regard des exigences de stocks de sécurité et commerciaux.
Les projections attribuées aux promoteurs font état d’une réduction des importations de carburants de 30 %, d’économies annoncées proches de 400 milliards de FCFA par an, ainsi que de recettes d’exportation estimées à 141 milliards de FCFA, notamment via les carburants marins. Elles évoquent également des créations d’emplois avancées à 2 000 postes directs et 5 000 emplois indirects.
Cstar Petroleum indique structurer le projet autour de deux entités, Cstar Tank Farm pour le terminal pétrolier et Cstar Refinery pour la raffinerie. L’entreprise met en avant un objectif de substitution aux importations et affirme qu’une fois la pleine capacité atteinte, et avec l’ajout d’unités biofuel, le complexe pourrait couvrir près de 70 % des besoins du marché local.
Pour rappel, Cstar a été créée par la SNH et son marketeur Tradex S.A. Son capital est réparti entre Ariana Energy, qui détient 49 %, Tradex, qui en détient 31 %, et la SNH, qui en détient 20 %.




