La Rca et le Tchad se désolidarisent du Port de Douala à cause de la corruption

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(BFI) – Une décision plus que surprenante. Et qui intervient au moment où le port de Douala vient de recevoir  à Paris l’Oscar du leadership et de l’innovation. Et le Port de Douala perd ainsi 50% de ses recettes.

Cette infrastructure qui a perdu 50 % de ses recettes avait, il y a quelques mois, décaissé 4 milliards pour dégager les épaves qui y trainent  depuis 50 ans. ‘’Après ils vont envoyer des bandits le long du corridor Douala-Bangui et Douala-Ndjamena arnaquer les transporteurs.’’ Explique une source anonyme opérant dans le transport inter état au Cameroun. L’ensemble des 78 000 camions en activité entre le port de Douala, la partie septentrionale du Cameroun et la capitale tchadienne, permet de révéler que la corruption sur le corridor Douala-Ndjamena coûte aux transporteurs environ 175 milliards de francs CFA, par an. 

Lors de la clôture de l’exercice budgétaire 2017, le constat a été fait sur la chute du bénéfice net du port, un résultat net bénéficiaire de 455,5 millions de francs Cfa, contre 940,5 millions de FCFA en 2016 tel que annoncé par  l’entreprise dans un communiqué ayant sanctionné le Conseil d’administration tenu le 24 mai 2018. 50 % des importations du Tchad ne passent plus par le Cameroun, pareil pour la RCA qui abandonne le Port de Douala à cause de la corruption pour le Soudan et le Benin. Ils dénoncent les tracasseries administratives qui découragent les importateurs.

 Le Congo et la Centrafrique ont renforcé le transit suite à l’accord signé le 30 mai dernier entre le ministre congolais des Transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, Fidèle Dimou, et celui de la Centrafrique, Théodore Jousso. L’objectif de cet accord est la facilitation et la promotion du transit des marchandises entre les deux pays. Ceci à partir du port autonome de Pointe-Noire, à travers le Chemin de fer Congo-Océan, le corridor routier via les routes nationales 1 et 2, ainsi que par bateau, à partir du fleuve Congo. 50 % des importations du Tchad aujourd’hui transitent par les ports de Cotonou et du Soudan. Ce qui est un avantage important pour les opérateurs qui peuvent désormais écouler sur leurs marchés des produits moins coûteux car le prix de revient n’aura pas été surmajoré du fait des nombreuses tracasseries de transport.

Le gouvernement a sorti 866 millions il y’a quelques années pour le marché frontalier Cameroun-RCA à Garoua boulai, les responsables du projet ont torpillé l’initiative. Et en 2017 le projet avait consommé 187 % de son budget. Il est aujourd’hui abandonné dans la broussaille. Ainsi que tous les espoirs d’avoir dans cette localité un marché sous-régional digne d’intérêt, à même de capter de nouvelles devises. Il va sans dire que le préjudice est criard pour le Cameroun. Plus de recettes d’entrées, plus de taxes liées aux frais de route des transports encore moins à la plus-value apportée par ces transporteurs qui utilisaient jusqu’ici les corridors Douala – Ndjamena et Douala – Bangui. Le Tchad et la République Centrafricaine c’est environ 45% des recettes du port de Douala.

Par Rémy Ngassana

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