La construction du pont sur la Sanaga au Cameroun sera livrée en février 2020

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(BFI) – La construction du pont sur le fleuve Sanaga à Nachtigal a franchi une étape « importante » le 15 novembre 2019. Ce jour-là, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a présidé la « cérémonie de clavage des hourdis » de cet ouvrage bipoutre mixte (acier- béton) de 400 m de linéaire.

Concrètement, il s’est agi de solidariser deux parties du pont construites indépendamment. Une opération rendue nécessaire du fait de la technique utilisée : le poussage du hourdis en béton armé. Considéré comme moins coûteux et rapide d’exécution, le poussage du hourdis en béton armé n’avait jamais été réalisé sur un pont d’une portée de 400 m. Il a donc fallu construire l’ouvrage à partir de chaque rive du fleuve avant de procéder au clavage, explique l’entreprise française Razel, en charge des travaux.

A la fin de cette cérémonie, l’infrastructure aujourd’hui réalisée à 77,3%, a été ouverte à la traversée des piétons au grand bonheur des populations riveraines. Ces dernières peuvent désormais se passer de pirogues pour aller d’une rive à l’autre. « C’est un grand ouvrage. Si les routes pour accéder au nord font de grands contournements, c’était historiquement pour éviter de construire ce pont sur la Sanaga. Aujourd’hui, on est capable de le faire. Ça ouvre un nouveau corridor », indique le directeur général de Razel Cameroun, Frank Casteleyn.

Rapprochement nord-sud

En effet, avec la livraison du pont, attendu en février 2020, selon le Mintp, le soulagement sera national, voire sous régional. « C’est un instrument qui rapproche les peuples. Nous gagnons près de 200 km de distance entre Yaoundé et Ngaoundéré, donc un rapprochement entre les régions septentrionale et méridionale de notre pays », indique Emmanuel Nganou Djoumessi.

Actuellement, pour joindre par route la capitale régionale de l’Adamaoua à partir de la capitale politique du Cameroun, il faut parcourir 832 km. La mise en service, dans quelques mois, de cet ouvrage, d’un coût prévisionnel de 12,36 milliards FCFA, permettra d’emprunter un parcours beaucoup plus direct (Yaoundé-Batchenge-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré), long de 664,5 km, soit une réduction de distance de 178,5 km.

En plus de la réduction de distance, on devrait aussi gagner en vitesse moyenne. Le pont fait en réalité partie d’un projet beaucoup plus important. Il s’agit de la construction de l’axe Batchenga-Ntui-Yoko-Tibati de 381,2 km de longueur et d’un coût prévisionnel de 360 milliards FCFA.

L’un des six lots de ce projet est achevé depuis plusieurs semaines. Il s’agit de Yoko-Lena (44,9 km-lot 4). La section Batchenga-Ntui (21,3 km-lot 1) est réalisée à 67,80% et devrait être livrée en mars 2020. Le tronçon Léna-Sengbé-Tibati (135 km-lots 5 et 6) affichait un taux de réalisation de 40,47%, début octobre.

Les lots 2 et 3, qui concernent la section Ntui-Mankim-Yoko, longue de près de 180 km, sont source de préoccupation. Les travaux, confiés à l’entreprise portugaise Elevolution Engenharia (Elevo), piétinent. Le 4 octobre dernier, le Mintp a même dû résilier le contrat d’Elevo sur le lot 2 (Ntui-Mankim) de 96,7 km de longueur.

Omer Kamga

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