(BFI) – La Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) a tenu le 23 décembre 2025 une Assemblée Générale Extraordinaire des Actionnaires, organisée en format hybride (présentiel et visioconférence). La réunion était présidée par Louis Paul MOTAZE, Ministre des Finances de la République du Cameroun et Président en exercice de l’Assemblée Générale de la BDEAC.
La Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) a franchi une étape décisive lors de son dernier Conseil d’Administration de l’année tenu à Yaoundé le 23 décembre dernier. Sous la présidence du ministre camerounais des Finances Louis-Paul Motaze, l’institution a adopté des décisions stratégiques majeures, notamment l’approbation de ses comptes 2024 selon les normes internationales IFRS et la validation d’une nouvelle Déclaration d’appétence aux risques. Ces réformes visent à consolider la gouvernance et la maîtrise des risques, éléments centraux du plan stratégique « Azobé » 2023-2027, tout en validant le budget 2026 axé sur la performance et le financement de projets structurants dans l’agro-industrie, les transports et la santé.
Si l’enveloppe du budget 2026 n’a pas été dévoilée, ce renforcement institutionnel intervient dans un contexte financier historique pour la Banque, marqué par l’attribution, le 21 novembre dernier, de sa toute première note de crédit par l’agence Moody’s. Notée « Ba3 avec perspective stable », la BDEAC se hisse dans la tranche supérieure de la catégorie « spéculative », à seulement deux crans de la catégorie « investissement ». Cette notation, l’une des meilleures de la zone CEMAC, vient sanctionner positivement le rôle pivot de la Banque dans le financement régional ainsi que le soutien renforcé de ses actionnaires après l’augmentation de capital de 2023.
L’agence Moody’s souligne toutefois que si les réformes de modernisation de la gouvernance sont prometteuses, l’institution reste exposée aux fragilités économiques de certains emprunteurs souverains de la région. Néanmoins, la perspective stable accordée reflète la solidité du profil financier de la BDEAC et sa capacité à maintenir un équilibre robuste malgré les défis de liquidité. Pour la Banque, ce sceau de crédibilité internationale est le sésame indispensable pour diversifier ses sources de financement et accéder aux marchés de capitaux mondiaux, au-delà d’un marché régional dont elle a déjà largement exploré la profondeur.
Cette session de Yaoundé marque également une transition politique importante avec la fin du mandat de Louis-Paul Motaze à la tête du Conseil. Dès janvier 2026, la présidence sera assurée par le ministre des Finances et du Budget de la République Centrafricaine. Ce changement de relais intervient alors que la BDEAC se met en ordre de marche pour mobiliser les 1 700 milliards de FCFA nécessaires à l’ambition de son plan « Azobé », confirmant ainsi sa mutation en une institution de développement moderne, transparente et connectée à la finance globale.
Cédric Boyomo




