(BFI) – « La transformation économique de l’Afrique dépend de notre capacité à nous intégrer. La Zone de libre-échange continentale africaine est une opportunité en or pour créer un marché unifié qui libère le potentiel des entreprises, dynamise l’industrialisation et crée des emplois. » En lançant cet appel lors d’une table ronde ministérielle africaine sur l’intégration régionale, le 21 février à Casablanca, Joy Kategekwa, directrice de l’intégration régionale à la Banque africaine de développement a réaffirmé le plein engagement de l’institution sur ce dossier crucial pour l’avenir du continent.
Placé sous l’égide de l’African Leadership Organization, l’événement a réuni des ministres africains, des acteurs du secteur privé et des partenaires financiers, avec deux objectifs clairs : tirer parti des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et identifier des leviers concrets pour aligner les politiques économiques et industrielles, développer les infrastructures transfrontalières et stimuler les échanges commerciaux sur le continent.
« L’intégration ne consiste pas seulement à déplacer des marchandises ; il s’agit de donner libre circulation aux personnes, idées et opportunités. La Banque africaine de développement favorisera cette dynamique grâce à des appuis et investissements stratégiques », a assuré Mme Kategekwa.
Tirer parti d’un marché de 3,4 trillions de dollars
La représentante de la Banque à la table ronde a souligné l’immense potentiel de la ZLECAf, qui recèle de formidables opportunités pour accélérer l’émergence de l’Afrique. « Avec un marché regroupant 1,5 milliard de consommateurs et un PIB cumulé de 3 400 milliards de dollars, ce marché unifié pourrait stimuler le commerce intra-africain de 52 % d’ici à 2035, en facilitant les échanges et en réduisant les barrières tarifaires et réglementaires ».
Mme Kategekwa a rappelé que la Banque africaine de développement a investi des dizaines de milliards de dollars dans des infrastructures stratégiques : corridors de transport, ports, aéroports, chemins de fer et dans des instruments de facilitation du commerce extérieur tels que les lignes de crédit pour le développement du commerce. Ces investissements doivent s’intensifier pour combler le déficit de financement des infrastructures sur le continent estimé à plus de 130 milliards de dollars par an.
Elle a également identifié deux leviers clés pour renforcer l’intégration régionale : l’harmonisation des normes commerciales pour faciliter les échanges et l’investissement dans les infrastructures numériques afin d’élargir l’accès des PME aux opportunités du continent.
Co-industrialiser pour bâtir une Afrique souveraine et compétitive
Au-delà du commerce, Mme Kategekwa a également plaidé pour une stratégie ambitieuse de co-industrialisation, clé de la souveraineté du continent. « C’est en renforçant nos synergies industrielles que l’Afrique pourra émerger. Grâce aux financements et appuis techniques de la Banque, nous œuvrons à positionner l’avantage comparatif de chacun de nos pays dans les chaînes de valeur du continent », a-t-elle affirmé.
Elle a tenu à mettre en avant plusieurs projets structurants portés par la Banque africaine de développement, visant à renforcer la connectivité régionale, notamment dans les infrastructures de transport, l’énergie et l’agriculture. Un accent particulier a été mis sur les mécanismes de financement innovants destinés à favoriser les investissements intra-africains et à dynamiser les opérations de commerce extérieur.
À l’issue de cette table-ronde, les participants ont réaffirmé leur détermination à accélérer la mise en œuvre effective de la ZLECAf, appelant à des actions concertées et tangibles pour bâtir une Afrique plus intégrée, plus productive et plus innovante.