Journée mondiale du pharmacien : Enjeux et challenge de la disponibilité du médicament

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(BFI) – En prélude à la célébration prévue ce jour, les pharmaciens organisent une série d’activités depuis lundi à Yaoundé. Hier, ils ont discuté de la pharmacie en zone urbaine et en périphérie.

« Mes médicaments disparaissent à l’hôpital ». « Je vais regarder chez ‘docta’ au quartier ». Des phrases qui font mal aux pharmaciens. Ils espèrent faire comprendre l’importance de leur profession. De ce fait, ils discutent depuis lundi 23 septembre 2019 de ses enjeux et des challenges à relever sur le terrain. Une photographie de la situation dans les pharmacies logées au sein des hôpitaux et de celles en zone rurale, montre une différence. L’Hôpital central de Yaoundé par exemple dispose de quatre pharmaciens et de magasins de stockage spacieux et adéquats. A en croire Dr Audrey Mboto, chef du service, quelques difficultés persistent. A savoir, des ruptures de stocks régulières, la gestion difficile des produits périmés, ainsi que l’absence de dispensation de médicaments au lit du malade.

D’où le détournement de médicaments. A l’hôpital de district de Ntui, le combat pour le pharmacien consiste d’abord à être considéré comme tel. Unique pharmacien sur place, Dr Batdje Batje Didier fait état d’une offre en produits inférieure à la demande, à l’émergence des circuits parallèles de vente, ainsi que l’absence d’un comité thérapeutique. Il serait souhaitable, selon lui, d’affecter plus de pharmaciens dans les hôpitaux de districts, de rendre disponible un budget pour garantir l’organisation des locaux et des équipements et d’instaurer un cadre d’échange mensuel pour traiter en temps réel, les problèmes techniques d’approvisionnement dans le district, entre autres. La réalité n’est pas plus reluisante pour ceux qui travaillent à compte privé.

En effet, le pays compte 465 officines de pharmacie en activité. Yaoundé et Douala concentrent plus de 200 officines à elles seules. Les contraintes y existent également. Durant son exposé, Dr Sunjio Eric, propriétaire de la Pharmacie française, a ainsi révélé que le marché pharmaceutique pèse plus de 120 milliards de F au Cameroun. Cependant, il se désole de la mauvaise perception des activités du pharmacien en officine par le public et certains professionnels de santé. Ils sont ainsi vus comme des revendeurs. En zone rurale, les contraintes sont ailleurs. Le responsable de la pharmacie de l’Espérance à Abong-Mbang, Dr Pola Emmanuel, a raconté son parcours depuis son arrivée dans la localité.

Depuis 2012, il fait face à un environnement où le marché de la rue a pris racine et où la médecine alternative est importante. Entre autres, mauvaises pratiques dans les hôpitaux, vente discrète des médicaments par les infirmières, des médecins disposant de stocks privés indépendamment de stocks officiels. Se posent aussi des problèmes de financement, d’absence de main d’œuvre, de difficultés d’approvisionnement et de population analphabète. Il y trouve une certaine proximité avec les patients, à qui il dispense plus aisément des conseils pharmaceutiques.

Par Chelsea Etoho Agoumé

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