(BFI) – La 47ème Réunion Annuelle de l’Association des Banques Centrales Africaines (ABCA) s’est ouvert hier jeudi 27 novembre 2025 à Yaoundé, la capitale camerounaise. Elle constitue un cadre d’échange pour les 41 pays membres de l’ABCA. L’événement placé sous l’égide du Président de la République du Cameroun Paul Biya a pour thème : Changement climatique et stabilité macro-économique : rôle des Banques centrales. La cérémonie d’ouverture a été présidé par Louis Paul Motaze, ministre des Finances, représentant le Chef de l’Etat du Cameroun.
Ce rendez-vous continental constitue un moment privilégié de dialogue et de partage d’expériences, au service du renforcement de la résilience économique et de l’intégration financière en Afrique. Organisée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), cette 47ᵉ réunion annuelle de l’Association africaine des instituts d’émission réunit les gouverneurs des banques centrales du continent, des experts financiers et des partenaires techniques internationaux. Le thème retenu, « Changement climatique et stabilité macroéconomique : rôle des banques centrales », met en avant les défis croissants que le dérèglement climatique impose aux politiques monétaires africaines.
Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude énergétique et la nécessité d’accélérer la transition verte, ces assises se veulent un espace d’échanges pour renforcer la résilience financière et l’intégration monétaire du continent. Les travaux s’articulent autour de quatre sessions plénières, dont les enjeux couvrent l’ensemble du spectre des risques climatiques.
La première session portera sur la réglementation financière et la gestion des risques liés au climat, sous la présidence du gouverneur de la Banque centrale du Mozambique et la co-présidence de l’économiste camerounaise Vera Songwe, figure reconnue de la finance internationale. La deuxième séance sera consacrée à la promotion de la finance verte et au rôle des banques centrales dans les investissements durables, dirigée par le gouverneur de la Banque centrale zambienne. La troisième plénière mettra l’accent sur la stabilité financière face aux risques climatiques, avec une réflexion sur l’intégration des menaces environnementales dans les cadres de politique monétaire et de supervision. Elle sera suivie d’un partage d’expériences autour du thème central du symposium.
La portée panafricaine de l’événement est renforcée par la participation d’invités de haut niveau, notamment le gouverneur de Bank Al-Maghrib, le gouverneur de la BCEAO, ainsi que le vice-président de la Banque africaine de développement (BAD).
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, le ministre camerounais des Finances, Louis Paul Motaze, a indiqué que le changement climatique est une préoccupation mondiale qui requiert l’engagement et la mobilisation de l’ensemble des parties prenantes, aussi bien les Etats, que les Institutions Financières et le secteur privé. Car, le Continent est de plus en plus exposé à des phénomènes extrêmes tels que de graves sécheresses, des inondations, l’élévation du niveau des océans et la perte accélérée de biodiversité. Raison pour laquelle, Louis Paul Motaze a souligné qu’il est urgent d’adopter des mesures visant à limiter les effets du changement climatique, et à consolider la résilience de nos économies. « Cela impose une mobilisation forte et coordonnée à tous les niveaux de responsabilité » a-t-il martelé.
Rôle crucial des banques centrales
Pour les pays africains, l’enjeu lié au changement climatique est d’autant plus élevé que, dans la mesure où le Continent est de plus en plus exposé à des phénomènes extrêmes tels que de graves sécheresses, des inondations, l’élévation du niveau des océans et la perte accélérée de biodiversité. Ces perturbations ont des répercussions sur la sécurité alimentaire et hydrique des populations, alors même que l’Afrique ne contribue que marginalement aux émissions de gaz à effet de serre.
Dans son allocution, Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac) a souligné que face aux changements climatiques, les Banques Centrales Africaines ont un rôle crucial à jouer. « Il nous appartient d’abord d’anticiper et d’évaluer les risques climatiques dans nos analyses macroéconomiques et dans nos rapports de stabilité financière, afin que nos politiques tiennent compte des vulnérabilités nouvelles qui affectent nos économies. Il nous revient également d’encourager la finance verte et les investissements durables, en mettant en place des incitations appropriées et des cadres réglementaires adaptés, capables de canaliser les ressources vers des projets porteurs de résilience et de croissance inclusive. De même, nous devons poursuivre avec détermination la modernisation de nos systèmes de paiement et de supervision, afin de renforcer la confiance des investisseurs, d’assurer la fluidité des transactions et de consolider la robustesse de nos marchés financiers » affirme Yvon Sana Bangui.
En accueillant ce rendez-vous majeur, Yaoundé se positionne au cœur des débats sur l’avenir financier vert du continent, avec l’ambition partagée des banques centrales africaines de façonner une trajectoire plus stable, plus résiliente et plus durable.
André Noir




