(BFI) – GIC Rating S.A., première agence de notation financière récemment agréée par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), a engagé une mission de notation du risque de crédit émetteur des Aéroports du Cameroun S.A. (ADC). Une mission qui entre dans le cadre du projet d’introduction en Bourse de l’entreprise camerounaise, certes mais aussi aux enjeux multiples.
Cette initiative, annoncée le 21 septembre 2026, intervient dans un contexte de transformation progressive du marché financier régional et de recherche de nouveaux mécanismes permettant aux entreprises et aux institutions de mobiliser davantage de capitaux auprès des investisseurs.
La mission de notation du risque de crédit émetteur engagée auprès des ADC répond aux exigences du dispositif réglementaire applicable aux opérations d’appel public à l’épargne dans l’espace CEMAC et prescrits par la COSUMAF. Selon le communiqué de GIC Rating, l’article 663 du Règlement général de la COSUMAF prévoit qu’une opération d’appel public à l’épargne doit faire l’objet d’une notation. Les instructions COSUMAF n°10/23 et n°03/23 encadrant par ailleurs l’intervention des agences habilitées à réaliser ces évaluations.
L’agrément de GIC Rating avait été accordé par décision n°149-2026 du 7 août 2026, faisant de cet acteur la première agence de notation financière agréée dans l’espace CEMAC. La même session avait également consacré l’agrément de Serges Mathieu Kombou comme Administrateur Directeur Général de la structure. Quelques jours après cet agrément, GIC Rating avait mis en place plusieurs comités techniques spécialisés, dont un comité consacré aux sociétés de gestion des infrastructures aéroportuaires, afin de structurer son dispositif opérationnel de notation.
ADC : la notation comme passage obligé vers le marché
Pour les Aéroports du Cameroun, cette mission constitue une étape importante dans la préparation du projet d’introduction en Bourse. L’objectif de la notation étant notamment de fournir au marché une opinion indépendante sur la qualité de crédit et le niveau de risque de l’émetteur. Dans le cadre de son analyse, GIC Rating indique vouloir examiner différents paramètres liés aux ADC, notamment sa gouvernance, son modèle économique, son positionnement régional, ses revenus, la qualité de ses infrastructures et son efficacité opérationnelle.
La notation ne constitue toutefois pas, à ce stade, une note définitive : la mission vient d’être engagée et son résultat n’a pas encore été publié. Elle doit donc être distinguée de la décision finale d’admission des titres à la cote. Il convient néanmoins de noter que le projet d’introduction en Bourse d’ADC s’inscrit dans une dynamique plus large impliquant trois autres entreprises publiques camerounaises dont le Port autonome de Douala, la Société de développement du coton et Cameroon Hotels Corporation.
Dans ce processus, la notation financière joue un rôle particulier : elle transforme des données économiques, financières et institutionnelles en une appréciation structurée du risque destinée à améliorer l’information disponible pour les investisseurs. Pour ADC, l’enjeu est ainsi double : préparer son accès au marché des capitaux et renforcer la transparence de l’information financière mise à la disposition des investisseurs.
Galop d’essai pour GIC Rating SA
Au-delà du dossier ADC, cette mission constitue également un premier test grandeur nature pour la nouvelle agence régionale. Son agrément en août 2026 marque l’apparition d’un acteur spécialisé dans la notation financière au sein de l’écosystème CEMAC. La constitution de ses comités techniques, quelques jours après son agrément, traduit la volonté de GIC Rating de passer rapidement de la phase institutionnelle à la phase opérationnelle. Avec cette mission, GIC Rating et ADC se retrouvent ainsi au croisement de deux dynamiques : la préparation d’une entreprise stratégique camerounaise à son éventuelle entrée en Bourse et la mise en place progressive d’une véritable industrie régionale de la notation financière.
L’issue de cette mission sera particulièrement suivie par les acteurs du marché, car elle permettra de disposer d’une première évaluation formelle du risque de crédit d’ADC réalisée par une agence de notation régionale nouvellement agréée.
Paul NKALA




