Financement : Engagement record de la BEI en Afrique en 2018

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Werner-Hoyer

(BFI) – La Banque européenne d’investissement (BEI) a approuvé en 2018 des financements pour 3,3 milliards d’euros en faveur des économies africaines. Cet engagement annuel record a concerné 59 projets au profit de 20 pays, dont le Maroc. Elle anticipe un même niveau d’activité pour 2019.

Les financements approuvés par la banque européenne d’investissements en faveur de projets en Afrique ont augmenté de 25 % en l’espace d’un an. Ils sont passés de 2,64 milliards d’euros en 2017 à 3,3 milliards d’euros en 2018, a indiqué mi-février la banque de développement de l’Union européenne.

En visite à Addis-Abeba, le 11 février, à l’occasion du Sommet de l’Union africaine, l’Allemand Werner Hoyer, patron de la BEI, s’est félicité de cette progression et a salué « l’étroite collaboration de la BEI avec ses partenaires africains ». Parmi eux figurent la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), en faveur de laquelle 200 millions d’euros de financements ont été approuvés en 2018.

Selon nos informations, le volume des engagements de la banque en Afrique pourrait même être supérieur aux chiffres communiqués. Ces derniers n’incluent pas l’intégralité des financements approuvés en faveur de projets transversaux concernant l’ensemble des pays de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), notamment dans l’appui aux infrastructures, comme l’a confirmé la BEI. Ils sont supérieurs à un milliard d’euros.

L’Egypte en premier

Au total, la BEI a accepté d’accompagner 59 projets africains. L’Égypte s’est classé au premier rang des pays africains appuyés l’an dernier, avec plus d’un milliard d’euros approuvés pour 13 projets, dans l’hydraulique et l’assainissement, le financement au secteur privé à travers des lignes de crédits accordés à des institutions financières, les services et l’industrie.

Suivent la Guinée, qui a obtenu un financement de 130 millions d’euros pour un projet d’interconnexion électrique avec le Mali, la Zambie (120 millions d’euros, principalement dans le domaine du transport), Madagascar (114,7 millions, pour la modernisation de son réseau routier), le Nigeria (106 millions d’euros, fertilisants) et la Tunisie (90 millions d’euros, principalement pour la réhabilitation urbaine).

Malgré la part disproportionnée de l’Égypte dans les financements approuvés en 2018, l’année écoulée a vu un rééquilibrage des interventions africaines de la BEI en faveur du sud du Sahara. L’institution consacrait jusque-là environ deux tiers de ses actions en Afrique du Nord.

Rééquilibrage Nord-Sud

L’an dernier, pas moins de 1,18 milliard d’euros ont été approuvés en faveur de l’Afrique subsaharienne, contre 1,2 milliard pour l’Afrique du Nord. S’y ajoutent une enveloppe globale de 380 millions d’euros pour des projets panafricains, le reliquat des 3,3 milliards d’euros provenant des financements consacrés à l’ensemble de la zone ACP.

Le volume d’activités de la BEI en Afrique ne devrait pas reculer en 2019. « Nous disposons d’un solide pipeline de projets à examiner pour 2019 et nous nous attendons à un niveau similaire à celui des dernières années », a indiqué un porte-parole de l’institution européenne. « Pour l’avenir, nous anticipons un large éventail d’investissements pour soutenir à la fois le secteur privé et le développement durable par le biais de transports durables, d’énergies propres et d’eau. Cette approche générale reflète nos engagement au cours des dernières années », explique notre interlocuteur.

Renforcement de l’accès à l’énergie

Par ailleurs, les financements de la BEI en Afrique ont porté également sur le renforcement de l’accès à une énergie propre, essentiellement les énergies renouvelables. «L’an dernier, la BEI a approuvé le financement de projets qui produiront plus de 1.600 mégawatts (MW) d’énergie propre, à savoir des centrales solaires au Maroc, au Kenya et en Zambie, des installations hydroélectriques au Cameroun et des aménagements permettant à quelque 10 millions de ménages et de petites entreprises en Éthiopie, au Kenya, au Nigeria et en Ouganda d’avoir accès à l’énergie solaire hors réseau», souligne la banque européenne. «Parmi les investissements financés figure le projet pionnier Noor Midelt au Maroc, qui combine la technologie solaire à concentration et la technologie photovoltaïque afin d’assurer un approvisionnement en énergie solaire propre même après le coucher du soleil.», est-il indiqué. Selon nos informations, la BEI soutient Noor Midelt Phase 1 (800 MW) à hauteur de 420 millions de dollars, l’équivalent d’environ 380 millions d’euros. Pour les autres financements en Afrique, ils ont concerné notamment l’éducation et la santé. Au Maroc par exemple, la BEI a accordé à l’Université euro-méditerranéenne de Fès (UEMF) plus de 13 millions d’euros, soit plus de 148 millions de DH, pour accompagner la construction et l’équipement de l’éco-campus de l’Université. «Dans les mois à venir, la Banque européenne d’investissement devrait confirmer de nouveaux financements non négligeables pour des projets destinés à être mis en œuvre sur l’ensemble du territoire africain, notamment dans les domaines des transports durables, de l’aménagement urbain, des infrastructures liées à l’eau, de la microfinance et du secteur privé.», révèle la BEI. Cette dernière a approuvé plus de 48 milliards d’euros d’investissements sur l’ensemble du territoire africain depuis 1965, dont plus de 7,6 milliards pour le Maroc. 

Par Félix Victor Dévaloix

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