En Côte d’Ivoire, le déficit de financement des infrastructures représente 540 millions de dollars par an

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Construction continues on a new road being built in Durban

(BFI) – Le déficit de financement de la Côte d’Ivoire en matière d’infrastructures est chiffré à 540 millions $ par an. C’est ce que révèle la Banque africaine de développement (BAD) dans un rapport de diagnostic pays sur le financement à long terme de la Côte d’Ivoire, lancé vendredi 14 février 2020.

Le déficit de financement à long terme pour les infrastructures hydrauliques est le plus important, ajoute la BAD soulignant que la Côte d’Ivoire a aussi des besoins importants dans le secteur des transports (routes, chemin de fer, aéroports, ports) et des télécommunications.

Lancé vendredi 14 février à Abidjan, le rapport de diagnostic pays sur le financement à long terme de la Côte d’Ivoire est le premier du genre réalisé en Afrique. Il a été élaboré par la Banque en collaboration avec l’Initiative pour le renforcement du secteur financier en Afrique (« Financial Sector Deepening Initiative in Africa », FSD Africa), la coopération allemande (GIZ) et le partenariat « La finance au service de l’Afrique » (« Making Finance Work for Africa » MFW4A).

Le rapport de la Banque établit un diagnostic du financement à long terme des infrastructures, du logement et des entreprises en Côte d’Ivoire et présente des recommandations pour aider le pays à relever les défis liés au financement à long terme.

Charles Leyeka Lufumpa, économiste en chef et vice-président par intérim de la Banque, chargé de la gouvernance économique et de la gestion des savoirs, a procédé au lancement officiel dudit document, en présence du ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, Adama Coulibaly, de diplomates, hauts fonctionnaires et responsables de la Banque, d’organisations sous-régionales et de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO). « La Côte d’Ivoire joue un rôle important dans la région et c’est l’une des raisons pour lesquelles nous l’avons choisie pour ce type de diagnostic, a déclaré en préambule Charles Leyeka Lufumpa. Le développement du financement à long terme mérite notre attention parce qu’il permet la croissance dans les domaines clés de l’économie et cela est nécessaire pour rattraper le retard en Afrique dans les infrastructures, le logement et l’énergie. »

Adama Coulibaly a salué la Banque africaine de développement pour cette initiative inédite : « ce rapport est d’un grand intérêt pour le gouvernement de Côte d’Ivoire (…). Les recommandations qu’il contient vont permettre à notre gouvernement de mettre en place les politiques nécessaires pour relever ces défis. » Le ministre a souligné que la Côte d’Ivoire, avec un rythme annuel de croissance de 8% par an depuis 2012, avait déjà entamé des réformes pour favoriser les financements.

Selon le rapport, un financement à long terme couvre une période de 20 à 30 ans dans les secteurs clés de l’économie -infrastructures, logement- et s’étend sur 5 ans pour les entreprises. Le rapport relève plusieurs défis à relever par la Côte d’Ivoire liés, entre autres, au déficit de financement des entreprises, qui est un obstacle majeur à la croissance des PME, et à la rareté du financement pour le logement, par ailleurs de très court terme.

Le ministre de l’Economie et des Finances de la Côte d’Ivoire, Adama Coulibaly a salué la Banque pour avoir consacré ce premier rapport à son pays. Ce rapport servira d’outil de référence aux décideurs politiques, aux investisseurs, au secteur privé, aux acteurs du développement et aux universitaires. Il servira également d’outil de comparaison entre pays africains.

L’Initiative FSD Africa, lancée en 2017, est actuellement hébergée par la Banque africaine de développement à Abidjan.

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