Dr. Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique :« Il faut un nettoyage du secteur pharmaceutique »

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Manaouda Malachie

Monsieur le ministre, la journée du pharmacien se commémore ce mercredi 25 septembre 2019 dans un contexte où vous avez engagé une croisade contre le médicament de la rue. Où en êtes-vous?

Nous avons effectué des descentes sur le terrain à l’effet de toucher du doigt l’ampleur du phénomène. Ces descentes nous ont permis de constater les conditions de conservation déplorables desdits produits et les sources diverses de provenance. Une accusation a été faite à l’encontre d’une certaine profession pour sa complicité dans cette activité, suite à laquelle nous avons tenu une réunion de concertation avec les acteurs de ladite profession. Pour ainsi dire, l’objectif des descentes est de mieux cerner le phénomène pour ainsi mieux le combattre.

Il n’est donc pas question que le ministre de la Santé fasse des descentes dans tous les coins du Cameroun. Le relais dans les régions sera fait par les autorités compétentes. L’objectif de cette initiative est de protéger la vie humaine.

Comment le gouvernement compte-t-il en finir avec ce problème ?

Les saisies et destructions, constituent un maillon de la chaîne d’actions à entreprendre pour endiguer le fléau de la vente illicite du médicament. A côté de cela, nous avons une batterie de mesures consistant au contrôle du circuit des produits pharmaceutiques du fabricant au point de dispensation. Le fabricant local devra désormais rendre compte des différents destinataires de ses produits lot par lot ; les distributeurs seront suivis non seulement à l’importation, mais également dans la gestion des lots qu’ils auront importés afin qu’on sache leurs destinations.

Cela va dans le sens de l’assainissement du fichier clients des grossistes-répartiteurs qui peut être truffé de comptes divers, pour ne pas dire de comptes douteux qui servent à approvisionner des destinataires illégaux. Nous mettrons également de l’ordre au niveau des officines déjà en limitant leurs importations directes et en discriminant les cas nécessitant une dérogation spéciale d’importation. Tout ce contrôle d’importation régulé par le visa technique délivré par la Direction de la Pharmacie, du Médicament et des Laboratoires permet de procéder à un nettoyage non négligeable du secteur pharmaceutique. Nous notons également la collaboration multisectorielle avec les autres acteurs que sont le Mindef, le Minat, le Minjustice, la Dgsn, Interpol, le Minfi à travers les Douanes et d’autres partenaires.

Ce cadre de concertation va constituer une nasse à travers laquelle il serait difficile de passer. Vous avez annoncé une brigade de contrôle. Quelles en seraient les missions ?

La mission de la Brigade de contrôle est une mission de veille dans le cadre de la lutte contre la vente illicite des médicaments et le crime pharmaceutique. Les membres de la brigade se chargeront d’identifier les acteurs, leurs complices et les points de vente, de les dénoncer aux autorités compétentes, de saisir et de procéder à la destruction desdits produits. Il est entendu que ces brigades vont sillonner les potentiels points de trafic au niveau des frontières surtout terrestres et aussi maritimes. La brigade constitue le bras séculier de la lutte contre le crime pharmaceutique.

Je voudrais d’ailleurs le dire ici, avec le risque d’être repris, que le trafic des médicaments va avec la drogue et autres trafics d’organes. C’est donc un crime.

Fermer les portes d’entrée de ces médicaments ne serait-il pas la solution durable ?

C’est cela qui constitue l’essence même de la multisectorialité évoquée plus haut. Le ministère de la Santé publique et les autorités douanières limitent déjà considérablement le passage de faux médicaments à travers les ports et aéroports par l’application du Visa technique à l’importation. La mesure devra être étendue à tous les points potentiels de trafic.

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