Doing Business 2019 : une année de records en matière de réformes et une influence grandissante

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Confronté aux coûts élevés du démarrage de sa porcherie à Bogotá, Diego Bedoya a dû suivre les conseils de son créancier. Il a mis en gage son bétail et les aliments et médicaments destinés à ce dernier, ainsi que ses outils de travail pour pouvoir commencer à produire et à gagner de l’argent. « Et comment est-ce que je rembourse le crédit alors ? Eh bien, j’utilise ce que je produis. »

Ce micro-entrepreneur bénéficie du registre de garanties établi en Colombie, qui permet aux entreprises de consigner des actifs mobiliers tels que l’outillage ou même leurs propres produits à titre de garantie.  Plus de 1,3 million d’actifs de cette nature ont été enregistrés entre mars 2014 et octobre 2016 au titre du nantissement des créanciers, parmi lesquels certaines des plus grandes banques du pays. Un quart des ces actifs ont servi de garantie pour des crédits accordés aux très petites, petites et moyennes entreprises.

La Colombie fait partie des nombreux pays du monde qui ont entrepris de réformer les réglementations régissant l’activité des entreprises afin de stimuler le secteur privé et doper la croissance économique.

Entre le 2 juin 2017 et le 1er mai 2018, 128 gouvernements ont mis en œuvre un nombre record de 314 réformes qui ont bénéficié aux entrepreneurs et aux petites et moyennes entreprises, favorisant ainsi la création d’emplois et stimulant les investissements privés.

Ces réformes sont suivies – et inspirées – par l’indice Doing Business du Groupe de la Banque mondiale, qui classe 190 pays par rapport à la facilité de faire des affaires à l’intérieur de leurs frontières.

Les États ont la lourde tâche de créer un environnement propice à l’essor des entrepreneurs et des petites et moyennes entreprises », déclare le président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.  « Pour promouvoir l’entrepreneuriat et favoriser le développement du secteur privé, il faut absolument des réglementations rationnelles et efficaces pour régir l’activité des entreprises. Faute de quoi nous n’avons aucune chance de mettre fin à l’extrême pauvreté et de stimuler une prospérité partagée dans le monde entier. »

Encourager les entrepreneurs

De nombreux pays dans le monde ont tardé à adhérer à Doing Business après son lancement en 2003. Le classement annuel qu’il propose gagne de plus en plus en influence, comme en témoigne l’accélération des réformes des réglementations relatives aux activités commerciales dans toutes les régions.

  • Quatre des 10 pays ayant enregistré les plus fortes progressions – Afghanistan, Djibouti Côte d’Ivoire et Togo – sont confrontées à la fragilité, aux conflits et à la violence.
  • Un tiers des réformes des réglementations régissant l’activité des entreprises ont été menées dans des économies de l’Afrique subsaharienne, soit un total de 107 réformes et un record pour la région.
  • Deux pays de l’Europe de l’Est et de l’Asie centrale font partie des dix économies les mieux classées : il s’agit de l’ex-République yougoslave de Macédoine, qui occupe le 10e rang, et de la Géorgie, qui a gagné deux places pour se placer au 6e rang.
  • Le Brésil a enregistré la plus forte progression dans la région Amérique latine et Caraïbes, grâce à des réformes menées dans quatre domaines.
  • Les Émirats arabes unis ont fait leur entrée dans le top 20, se classant au 11e rang.
  • La Chine, l’une des dix économies affichant les plus fortes progressions, a bondi de plus de 30 places pour se situer à la 46e place du classement mondial.
  • L’Inde est devenue l’économie de l’Asie du Sud la mieux classée, avec un gain de 23 places et une 77e place au classement mondial.

« Les résultats de cette année montrent à suffisance la détermination des autorités de nombreuses économies, grandes et petites, à promouvoir l’entrepreneuriat et l’entreprise privée », déclare Rita Ramalho, responsable senior du Groupe chargé du travail sur les indicateurs dans le monde de la Banque mondiale, qui produit le rapport.

« Par ailleurs, un grand nombre de pays ont entrepris des réformes cette année – c’est d’une envergure plus universelle. Personne ne met en doute l’importance de ces réformes, dont la nécessaire simplification de la procédure de création d’entreprise. »

Au cours des deux ou trois dernières années, « tous les grands marchés émergents – notamment la Chine, l’Inde, le Nigéria, l’Afrique du Sud, l’Indonésie et la Russie – se sont engagés sur la voie des réformes », fait remarquer Sylvia Solf, chef de l’unité de conseil sur les réformes du Groupe de la Banque mondiale, qui conseille les gouvernements sur les moyens d’améliorer le climat des affaires.  « C’est une grande avancée qu’ils le fassent. »

« Pour promouvoir l’entrepreneuriat et favoriser le développement du secteur privé, il faut absolument des réglementations rationnelles et efficaces pour régir l’activité des entreprises. Faute de quoi nous n’avons aucune chance de mettre fin à l’extrême pauvreté et de stimuler une prospérité partagée dans le monde entier. »

Par Jim Yong Kim

Président du Groupe de la Banque mondiale

 

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