Distinction : la camerounaise Aissa Doumara Ngatansou, lauréate du prix Simone Veil

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(BFI) – La Camerounaise Aissa Doumara a été distinguée à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Cette femme de 46 ans, qui gère une association qui lutte contre les violences faites aux femmes dans son pays, a reçu ce vendredi 8 mars au matin, à Paris, le prix Simone Veil. Un prix créé par Emmanuel Macron en hommage à l’ancienne ministre décédée en 2017 et dont c’était la première édition.

Devant un grand portrait en noir et blanc de Simone Veil et sous les yeux des fils de l’ancienne ministre, Aissa Doumara s’avance pour recevoir son prix, qu’elle dédie « à toutes les femmes victimes de violences et de mariages forcés, à toutes les rescapées de Boko Haram ». D’une voix émue, elle remercie le jury et commence à raconter des « petites histoires », comme elle dit. Celle de cette fillette de 12 ans qui devait se marier juste avant d’entrer en 6e et qui a finalement réussi à échapper à cette union. Ou bien encore celle de cette jeune femme de 20 ans qui a dû boire le sang de son fils et de son mari égorgés sous ses yeux par Boko Haram mais qui a fini par se reconstruire.

Autant de victoires pour l’association d’Aissa Doumara. « Mais il reste tant à faire », souligne la lauréate du prix Simone Veil. « Presque toutes les trois secondes, une petite fille est mariée de force dans le monde. » Alors Aissa Doumara profite de la tribune qui lui est offerte pour faire passer plusieurs messages. Elle demande plus de prévention, une approche globale du problème et aussi davantage de moyens.

Sur ce point, elle a été entendue par Emmanuel Macron, qui a annoncé la création d’un fonds doté de 120 millions d’euros pour lutter contre les violences faites aux femmes dans le monde entier. Des mesures seront ainsi prises pour l’éducation des jeunes filles, en particulier au Sahel, ou la création d’une banque pour l’entrepreneuriat féminin en Afrique. Paris propose également d’accueillir en 2020 une conférence mondiale sur les femmes, vingt-cinq ans après celle organisée par l’ONU à Pékin en 1995.

De son côté, Aissa Doumara Ngatansou a indiqué que le montant du prix Simone-Veil [100 000 euros] allait permettre à son association de se doter d’un “nouveau centre complet de prise en charge” des victimes et d’étendre ses activités ailleurs en Afrique. “Beaucoup de femmes sont en première ligne dans ce combat, mais c’est la société toute entière qui doit se mobiliser, y compris les hommes”, a souhaité Emmanuel Macron.

Par Félix Victor Dévaloix

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