(BFI) – Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a tenu le jeudi 19 février à Douala une présentation du programme de financement de l’État pour l’année 2026, avec pour objectif de convaincre les investisseurs de participer aux opérations de levée de fonds destinées à compléter l’enveloppe budgétaire de l’État. Cette stratégie, axée sur la diversification des sources, inclut une émission obligataire de 750 millions de dollars réalisée le 30 janvier 2026 à Londres.
Dans le but d’attirer les investisseurs, les autorités camerounaises sont montées au créneau pour mettre en avant les projets publics pour le compte de l’année en cours.Le Ministère des Finances du Cameroun a présenté les grandes orientations d’un programme jugé ambitieux.
Sur le marché domestique, les titres publics restent fonctionnels, mais évoluent dans un environnement plus sélectif. Entre 2020 et 2025, le taux d’intérêt moyen des bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % à 6,65 %, tandis que les taux de couverture ont nettement reculé, traduisant un marché devenu plus exigeant. Malgré ces contraintes, en 2025, le Cameroun a mobilisé plus de 1 318 milliards de FCFA sur le marché monétaire, poursuivant ainsi le financement des projets inscrits dans la Stratégie Nationale de Développement 2030.
Pour 2026, le gouvernement prévoit de mobiliser jusqu’à 1 650 milliards de FCFA, sur habilitation du chef de l’État. La stratégie repose sur un équilibre : 400 milliards sur le marché domestique, 1 000 milliards sur les marchés internationaux et 250 milliards auprès du secteur bancaire.
Ces ressources sont destinées au financement des projets de développement et à l’apurement des restes-à-payer (RAP). « Elle vise également à préserver la crédibilité de l’État vis-à-vis des entreprises et des partenaires économiques, soutenir la reprise dans un contexte stabilisé et injecter des ressources nouvelles dans l’économie afin de renforcer la liquidité du marché. Enfin, cette mobilisation contribue à accroître la capacité des banques à continuer de financer l’État et le secteur productif » soutient le membre du gouvernement.
Les RAP correspondent à des factures en instance de paiement au Trésor public pendant plus ou moins trois mois et constituent un enjeu de trésorerie pour les fournisseurs de l’État.
Pour sécuriser le démarrage budgétaire, une émission obligataire par placement privé de 750 millions de dollars a été réalisée le 30 janvier 2026 à Londres. Une opération facilitée par Citigroup, JPMorgan Chase et Cygnum Capital, avec un livre d’ordre proche du milliard de dollars. « Cette opération a rencontré un vif succès, avec un livre d’ordres atteignant près de 1 000 millions de dollars. Elle témoigne d’une souscription significative et de la confiance renouvelée des investisseurs dans la solidité de la signature de l’État », confie le ministre des Finances.
Paul Nkala




