(BFI) – Le Crédit communautaire d’Afrique (CAA), institution bancaire contrôlée par l’homme d’affaires camerounais Albert Nkemla, a été retenu dans un consortium de trois banques devant participer au financement du plan de développement du champ pétrolier terrestre de Mengo Kundji Bindi II par la société Trident OGX Congo. La banque camerounaise apportera une enveloppe de 30 milliards de Fcfa sur cet investissement d’un montant total de 200 milliards de FCFA, apprend-on des documents de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) consultés par Investir au Cameroun.
En effet, pour la réalisation de ce projet pétrolier, Trident OGX Congo a confié le mandat d’arrangeur du financement à la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BSCA Bank), qui a constitué un pool bancaire comprenant également BGFIBank Congo, Ecobank Congo et Crédit du Congo. Cependant, « Ecobank Congo et Crédit du Congo ont été retirés du pool bancaire suite aux retards significatifs dans leur prise de décision, en raison de l’éloignement géographique de leurs maisons-mères et d’une inertie opérationnelle préjudiciable au calendrier. Elles ont été remplacées par CCA Bank Cameroun », révèle la BEAC, l’institut d’émission commun aux six pays de la Cemac : Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA.
La présence de la BEAC dans ce dossier tient de ce qu’elle a été sollicitée par BSCA Bank, le chef de file du pool bancaire sus-mentionné, pour activer son guichet B – désormais appelé « Guichet spécial de refinancement de la BEAC » – dans le cadre du financement du projet de la société pétrolière Trident OGX Congo. « Le guichet A correspond à la sphère du marché monétaire où sont traitées toutes les opérations d’injections ainsi que les opérations de reprise de liquidités. (…) Le guichet B est réservé au refinancement des crédits à moyen terme destinés à l’investissement productif.», explique la banque centrale des pays de la Cemac.
Le quitus de la Banque centrale
Dans la pratique, le refinancement sollicité sur ce guichet ne doit pas excéder 60% du coût global du projet, souligne-t-on à la BEAC. Théoriquement donc, la BSCA pouvait solliciter la mobilisation de 120 milliards de FCFA sur ce guichet dans le cadre du projet de Trident OGX Congo. Mais, la banque sino-congolaise n’a émis qu’un besoin de 95 milliards de FCFA, 105 milliards de FCFA devant être apportés par Trident OGX Congo, apprend-on officiellement.
Statuant sur la demande de refinancement introduite par BSCA Bank, le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, en sa session du 15 décembre 2025, a validé la mobilisation de la totalité des 95 milliards de FCFA recherchés sur le guichet spécial de la banque centrale. Ce refinancement se fera au taux directeur en vigueur (TIAO) – il est passé de 4,5% à 4,75% à l’issue du CPM du 15 décembre 2025 – pour une maturité de 5 ans, sans différé d’amortissement.
Un autre financement en vue pour G-Stone
La décision prise par la BEAC permet à CCA Bank de participer au financement d’un projet minier majeur au Congo, et d’asseoir ainsi son rayonnement dans la zone Cemac. De bonnes sources, la banque fondée par Albert Nkemla fait également partie d’un pool de cinq banques locales retenu pour participer au financement du projet de construction et d’exploitation de la mine de fer du gisement de fer de Grand Zambi par la société camerounaise G-Stone du milliardaire Dieudonné Bougne. CCA Bank y injectera 4,1 milliards de FCFA, toujours grâce au guichet spécial de refinancement de la banque centrale, apprend-on de sources autorisées.
Créée en 1997 à Bafoussam, CCA Bank a effectivement démarré ses activités en 1998 sous la forme d’une société coopérative d’épargne et de crédit. Elle obtient un agrément en qualité d’établissement de microfinance (EMF) de deuxième catégorie en juillet 2001, puis évolue progressivement pour devenir une banque universelle en mai 2018, après les autorisations des autorités monétaires locale et sous-régionale.
Devenue une identité remarquable du système financier local, CCA Bank est la 8ᵉ banque — sur 19 en activité — au Cameroun en matière d’encours de crédits, avec 6,17% de parts de marché. Elle pointe au 4ᵉ rang pour les dépôts, avec 8,05% de parts de marché au 31 mars 2025. Au 31 décembre 2024, le total de bilan de la banque s’élevait officiellement à 837 milliards de FCFA, le produit net bancaire atteignait 53,6 milliards de FCFA et le résultat net 19,1 milliards de FCFA, en hausse de 46,7% par rapport à l’année 2023.




