Cameroon Business Forum 2019 : Vers une redynamisation de l’économie

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CBF 2019

(BFI) – La 10ème édition du Cameroon Business Forum (CBF) s’est ouverte ce 18 mars 2019, à Douala, la capitale économique du pays, sous la présidence du Premier ministre.  Principale plateforme d’échanges entre le gouvernement et le secteur privé, en vue de l’amélioration du climat des affaires, la rencontre a permis au secteur privé de redéfinir les priorités dans l’optique d’une émergence de l’économie en 2035

Le Cameroon Business Forum qui se veut la plateforme d’échange par excellence entre le secteur privé et le secteur publique s’est tenu cette année pour sa dixième édition sous le thème « émergence et développement de l’investissement privé au Cameroun» ce dernier fort évocateur traduit à suffisance la volonté du gouvernement camerounais d’agir dans le sens d’atteindre l’émergence dans les délais escomptés grâce à son économie avec en tête de file les acteurs du secteur privé. Cette émergence tant voulue passe normalement par l’amélioration du climat des affaires. C’est ainsi que les opérateurs économiques et autres hommes d’affaires avaient donc l’opportunité de faire savoir au Premier ministre chef du gouvernement, ce qui selon eux, bloque le décollage du Cameroun et de son économie.

S’il a été constaté que depuis la création du Cameroon Business Forum par le chef de l’Etat, il y a dix ans, il y a une nette amélioration du climat des affaires au Cameroun avec sur près de 200 recommandations, une centaine de réformes déterminantes appliquées, il est a constaté fort malheureusement que le Cameroun continu de voir son PIB et son rang dans le classement Doing business de la banque mondiale reculer.

C’est à cet effet que plusieurs pistes de sorties du gouffre économique dans lequel le Cameroun s’enfonce depuis quelques années ont été soulevées par les acteurs du secteur privé avec à leur tête Célestin Tawamba, président du Gicam qui est incontestablement la plus grande plateforme de regroupement des chefs d’entreprise du secteur privé. Ce dernier dans son allocution a donné la position des chefs d’entreprise et leur volonté manifeste de participer à l’émergence du Cameroun mais aussi il a souligné avec beaucoup de précision les goulots d’étranglement qui ne permettent pas à l’homme d’affaires camerounais de s’épanouir dans le contexte actuel. « il faut des investissements et améliorer les conditions de l’attrait de l’investissement privé car il n y a pas d’émergence économique sans investissements» a martelé M. Tawamba

Conjoncture

Ce thème choisi par le CBF était divisé en quatre sous-thèmes traités simultanément dans quatre ateliers différents. Emergence et défi de l’industrialisation, la question de la politique fiscale pour l’émergence du Cameroun, la stratégie de l’Import-Export pour l’émergence du pays et la définition de la feuille de route du Doeing Business 2019.

Le quotidien Mutations paru le 18 mars 2019, note que, cette plateforme intervient dans un environnement économique assez morose, du fait de plusieurs facteurs. «Il s’agit de la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, d’une part, et la guerre ouverte contre Boko Haram dans la région de l’Extrême-Nord. A cela, il faut ajouter l’élargissement de l’assiette fiscale dans la loi de finances 2019».

Cette insécurité dans plusieurs régions du Cameroun fragilise l’économie camerounaise. Aussi, le patronat s’est exprimé par la voie du président du Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM), Célestin Tawamba, sur l’examen de la loi des finances 2019: «de fortes inquiétudes au sujet de la hausse de la pression fiscale du fait de l’instauration de multiples autres taxes, notamment dans les secteurs brassicoles, des tabacs, et sur toutes les importations.  Bien plus, s’y ajoutent d’autres mesures qui ne garantissent pas les droits des contribuables, à l’instar des modalités de délivrance de l’attestation de non redevance».

Le journal note que, «pour apaiser ce climat non favorable au secteur privé, le GICAM a formulé des propositions au ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Des propositions dont le taux de réponses favorables était suffisamment évocateur. Il était d’après le MINFI, de 71% des 37 propositions relatives à la fiscalité de porte».

 Au sortir de cette dixième édition du Cameroon Business Forum et se référant au discours des différents participants avec en première place le Premier ministre chef du gouvernement, il se dégage une certaine volonté de concrétiser dans les délais les plus brefs les doléances du secteur privé acteur majeur de l’émergence du Cameroun et pour cela il va falloir suivre les recommandations faites par le président du Gicam qui sont de «respecter les critères définis par l’OCDE visant à mieux séduire les investisseurs. Il s’agit de mettre en application trois règles. Abaisser le coût de l’investissement, réduire les risques, renforcer les capacités. Dans le détail, il est question de tordre le cou à la corruption, réduire les lourdeurs administratives»

Tout en restant conscients de l’existence de certains mécanismes gouvernementaux qui sans réelle volonté d’empêcher l’épanouissement des acteurs du secteur privé respectent des canevas préétablis et nécessitent forcément des réflexions appuyées afin qu’ensemble chacun trouve son compte c’est à dire que le secteur privé soit dynamisé et que l’assiette fiscale n’en souffre pas.

Par Omer Kamga

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