(BFI) – Relancé officiellement lors de l’audience du 17 janvier 2026 entre le Chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema et les établissements de crédits membres membre de l’Association des professionnels de crédit (Apec), le Club de Libreville revient au centre de la stratégie financière du Gabon. L’enjeu est d’amorcer l’apurement d’une dette intérieur estimée à près de 4 300 milliards de Fcfa, devenu un frein structurel à la liquidité bancaire, à l’investissement privé et à la création d’emplois.
Le Club de Libreville a initialement été créé en 2014, dans un contexte de montée rapide des arriérés de paiement de l’Etat envers les entreprises et les banques. Son ambition initiale était de fournir un cadre formel de dialogue entre l’Etat et ses créanciers domestiques, afin d’identifier les créances reconnues, d’en sécuriser le périmètre et d’en organiser les règlements selon un calendrier compatible avec les contraintes budgétaires. Il ne s’agissait pas d’effacer la dette mais de la transformer en flux prévisible, condition indispensable à la confiance financière et à la continuité du crédit.
Et pour cause, en fin novembre 2025, l’encours de la dette locale atteignait 4 345,7 milliards de Fcfa donc 444,1 milliards de Fcfa de dettes bancaires, 726,3 milliards de dettes moratoires et surtout 3 175,3 milliards de Fcfa dus au marché financier régional. Cette structure explique la pression croissante sur les banques et les investisseurs institutionnels. Le Club de Libreville vise donc à désengorger le circuit financier domestique bien au-delà d’un exercice comptable.
Quelques jours avant cette audience, la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), par la voix de son président Alain Claude Kouakoua avait déjà appelé à des « signaux économiques clairs » pour relancer l’investissement et l’emploi. Représentant près de 500 entreprises soit 80% du PIB et 90% de l’emploi formel, la FEG a identifié 4 freins majeurs : l’asphyxie financière liée aux arriérés, la concurrence de l’informel, le coût logistique élevé et la soutenabilité des réformes sociales.
Sa demande prioritaire reste le règlement total et crédible de la dette intérieure complété par la digitalisation des paiements afin de réduire l’incertitude et restaurer la confiance dans la signature publique. Pour le patronat, la réussite du Club de Libreville sera jugée non sur l’annonce mais sur la rapidité des paiements, la lisibilité des règles et la baisse effective du coût du capital.




