Bourse : la COSUMAF veut forcer les entreprises à la notation financière

0
181
Cosumaf
(BFI) – C’est la nouvelle orientation annoncée au cours d’une réunion tenue le 3 décembre dernier à Libreville, par Nagoum Yamassoum, président de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale.

Les organes et acteurs du marché financier de l’Afrique centrale se sont réunis à Libreville, au Gabon, le 3 décembre dernier. Nagoum Yamassoum, président de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) a indiqué que le marché a connu ces derniers mois la matérialisation de la fusion décidée par les chefs d’État de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEMAC) : d’abord en mars 2019, les régulateurs ont fusionné, ensuite les dépositaires centraux en juin 2019, et enfin les entreprises de marché en juillet 2019. Cette première phase ouvre à présent la voie à la seconde, non moins importante, celle de la dynamisation de notre marché financier à travers la restructuration et l’optimisation fonctionnelle des organes, la réforme réglementaire et l’efficacité opérationnelle des différentes structures de marché.

« Le train de mesures incitatives prises par les instances communautaires n’est qu’un levier dont l’ambition est d’enclencher une dynamique d’approfondissement du marché par l’arrivée à la cote de role models, ou des entreprises de référence susceptibles de rendre le marché plus crédibles ; et plus attractif pour d’autres investisseurs et émetteurs. Le socle de cette dynamique, c’est l’entreprise de marché et vous, les intermédiaires de marché, véritables agents d’animation, de promotion du marché auprès des investisseurs institutionnels, occasionnels ou le grand public de notre place financière », a déclaré M. Nagoum.

Ce responsable a indiqué que la réforme réglementaire de la COSUMAF a pris le parti de la filialisation des acteurs bancaires du marché, les plus nombreux, orientée vers des structures dont l’objet social et exclusif est l’intermédiation boursière et la gestion des actifs financiers. Cette orientation stratégique, devrait enclencher l’affectation de ressources matérielles, financières et humaines au marketing et au merchandising de ce marché dont le potentiel de capitalisation et d’émission est encore largement inexploité au regard du volume de l’épargne domestique régionale.

Un autre versant de cette orientation stratégique de la spécialisation des acteurs, a précisé  le président de la COSUMAF, est la notation financière et les garants, introduits dans la typologie des activités régulées de notre marché. « Nous pensons en effet qu’un marché qui a des prétentions affirmées de dynamisme, est également un marché qui valorise la performance. C’est ainsi que les activités de notation financière se révèlent être des indicateurs d’appréciation de la performance des entreprises et de leur gouvernance, participant autant à la transparence du marché qu’à son attractivité. Pour leur part, les garants offrent une sécurité financière renforcée aux investisseurs quant à la solvabilité des opérations sur le marché », a déclaré Nagoum Yamassoum.

Enfin, la nouvelle structuration des acteurs induit, du point de vue de l’Autorité de régulation, une gestion réactive et dynamique de l’information financière ainsi que l’efficience des acteurs. C’est ainsi que la COSUMAF a lancé sa transformation numérique, par la mise en place d’un projet informatique qui permettra de numériser en totalité, l’échange d’informations entre le Régulateur et les Assujettis.

La COSUMAF, dont les missions régaliennes sont la supervision du marché, le contrôle des opérations et des acteurs, et la protection de l’épargne investie, mesure les enjeux que l’unification tant espérée produit plusieurs effets : en premier lieu, un meilleur accompagnement des acteurs, un encadrement volontariste de l’approfondissement du marché en produits financiers, et une plus forte implication dans la promotion de l’éducation et de la culture boursières auprès de l’écosystème des acteurs directs et indirects. En second lieu, et de manière décisive, un impact pour le grand public de la CEMAC, bénéficiaire au final de l’essor du marché financier.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here